‹ Œuvres [ed. by E.L.N. Viollet-le-Duc] (volume 2)Chapitre 101 sur 406 · ACTE IV, SCÈNE II · texte numérisé non relu

ACTE IV, SCÈNE II

LEONOR

Vous tenez tous objets pour bien indifférens, Si vous méconnoissez vos plus proches parens. Ne suis-je plus la >œur que vous eûtes si clière? Monsieur, vous lassez-vous d'ouir le nom de frère ?

LE KOI.

Au pitoyable état où mes jours sont réduits ,

Je n'ose m'assurer si moi-même je suis :

En quels lieux sommes-nous Pdepuis quand , et quel prince ,

Si vous le connoissez, règne en cette province?

Ce pays se maintient sous un règne si doux , Qa on n'y souhaite point de souverain que vous. Il est vrai que, depuis le mal qui vous possède, A qui nous ne pouvons apporter de remède , Un vice-roi vous dût affranchir de souci. Un monarque souffrant, son état souffre aussi; Même on juge fort mal de vos villes frontières , Qu'elles pratiqueront des provinces entières , Et secoûront le joug de vos commandemens , Si d'autres n'ont le soin de ces gouvernemens: Au mal que vous sentez, si vous aimez à vivre , Il faut qu'un vice-roi de ces soins vous délivre.

LE ROL

Votre conseil , ma sœur, m'est important ici. Qui pourrai-je charger d'un si noble souci ?

LÉONOR

^approuve cet avis, et ne connois personne Qui l'exécutât mieux que c.elui qui le donne. CeLeandre, qui parle à votre majesté, A du mérite autant que de fidélité.

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