ACTE III, SCÈNE IL ai'i
DORANTE
0 ?a rendre content le désir qui me presse ; Cependant ayez soin que la table se dresse. Qu'on porte le couvert.
JDIANE.
Il est déjà dessus.
DORAKTE.
AQez au messager.
DIANE
Vos paquets sont reçus ; Us viennent d'arriver.
DORANTE
Donnez.
DIANE
Monsieur les serre.
• Voyez avec quel soin on dresse le parterre; l^U'Iez au jardinier, ayez Tœil sur ses gens.
DIANE
'^ presserois en vain leurs travaux diligens ; Quand leur temps est borné leur intérêt les pousse , £t le désir du gain leur rend la peine douce. Beposez-vous sur eux d'un semblable souci.
DORANTE
Faites ce qu'il vous plaît , mais tirez-vous d'ici.
BJXTKE, à part en s'en allant, Dure loi de mon sort , importune conlrainte ^ Qui m'ôte le plaisir et me défend la plainte. ï*aimerai toutefois ce charmeur de mes sens, ^ le ferai Tobjet de mes vœux innocens.
2î4 CLÉAGÉNOR ET DORISTÉE,
DORANTE
Commence, je t'entends i-que ta grâce est naïve! Et qu'à tort cette main est si long-temps oisive! A ta seule action je connois clairement Combien me sera cher ce divertissement.
PHILÉMOND.
Je vous puis obéir, mais non pas à l'attente Qu'on vous a fait avoir de rester si contente : Mais si vous n'estimez ni ma voix, ni ma main, Vous devez pour le moins approuver mon dessein.
(Il chante avec la guitare. )
Je plains, Cloris, le mal extrême A quoi ton amour te résout ; Mais la loi qui fait que tout m'aime , Ne m'oblige pas d'aimer tout.
( Diane l'interrompt. )