‹ Œuvres [ed. by E.L.N. Viollet-le-Duc] (volume 2)Chapitre 162 sur 406 · PHIL£MONO · texte numérisé non relu

PHIL£MONO

Siis-je les douleurs dont votre âme est atteinte ?

DIANE

l'entendez-vous pas? 6 Timportune feinte!

PHILÉMOND.

e que vous aimez et que vos passions fuient honorer de leurs commissions?

il que je vous serve et que je vous conseille? ferai-je? ordonnez chacun à la pareille.

DIANE

e te commandasse , et qu'en quelque accident lilusse employer un si beau confident?

ois mieux, Philémond, ta valeur infinie: uisqu*il faut parler toute crainte bannie, snds ce que tu vaux par le prix de mon cœur, les assauts d'amour si long-temps fut vainqueur. el sait que jamais de la moindre pensée Toublât mon repos je ne fus traversée , le le premier trait que je n'ai point paré , li touche mon cœur, c'est toi qui Tas tiré, le mille importuns méprisé les caresses; tu ne peux parler ni voir que tu ne blesses , ae charmes ensemble et tu me fais mourir, est là le tourment que tu poux secourir. -

PHILÉMOND.

ce loi de mon sort, ô dieux! Di<ine m'aime, ! mépriserois cette faveur extrême!

Tois sans transport et sans ressentiment, î n'oflrirois pas d'alléger son tourment! , non, j'aime Diane, et cesserai d'être homme , Tome I. i5

226 CLÉAGÉNOR ET DORISTÉE,

Cessant de partager le feu qui la consomme; Honoré seulement d'un regard de ses yeux, J'égale ma fortune au plus doux sort des dieux ; Et déjà les momens me durent des années, En l'espoir des faveurs qu'elle m'a destinées.

DIANE

Toute autre eût obtenu cet effet sur tes sens, Ce vice a des attraits pour les plus innocens; Mais si l'hymen rendoit nos plaisirs légitimes. Que nous puissions nous voir et nous aimer sans crim Quel bien seroit égal à celui de mes jours ! Mais, cruel! ton oreille est sourde à mes discours; J'ai sondé ton esprit et su de quelle haine Tu vois ce beau servage et cette douce chaîne. ' J'ai, pour toucher ton cœur, des attraits impuissan Et mes foibles efforts ne passent point tes sens.

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