‹ Œuvres [ed. by E.L.N. Viollet-le-Duc] (volume 2)Chapitre 18 sur 406 · CLÉONICE, LE PAGE · texte numérisé non relu

CLÉONICE, LE PAGE

CLÉONICE

X uissANT dieu des amans! seul auteur de mes peines.

Que ton droit est fatal aux voluptés humaines !

Ah ! qu'on ignore bien ta nature en ces lieux ,

Et qu'on est aveuglé de te peindre sans yeux !

Que nous sert ton bandeau, vu que la moindre faute

Que commet un mortel le dénoue , et te l'ote ;

Que tu lis d'un trait d'oeil au fond de nos esprits ,

Et que des traits de feu punissent nos mépris?

Encor si la raison restreignoit ta vengeance

A des maux dont je pusse espérer l'allégeance !

Et s'il te sufSsoit de mon repos perdu ,

J'aurois baisé mes fers ; ce supplice m'est dû :

Souffrant si justement, je rirois dans les gênes,

Et me plairois moi-même à resserrer mes chaînes.

Mais , après ce repos que tes feux m'ont ôté ,

Me faire idolâtrer la même cruauté ;

Ne tirer de mes feux et de ma servitude ,

Qu'un peu de flatterie et tant d'ingratitude;

Nommer un qui me fait ma gloire et mon souhait;

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