‹ Œuvres [ed. by E.L.N. Viollet-le-Duc] (volume 2)Chapitre 222 sur 406 · SCÈNE VIL · texte numérisé non relu

SCÈNE VIL

ORANTE, CÉLIRÉE.

l'attends que la mort, seule je la réclame, ;que tout est contraire à mon contentement, jue je vois le jour pour souffrir seulement.

CÉLiaiE.

ux! qu'est-il survenu? que ce visage est triste! lame, qu'avez-vous ?

CRANTE

J'ai peur d'avoir Ariste: ' père injurieux pi' abandonne à ses vœux, son pouvoir s'oppose à tout ce que je veux.

3i4 LA DIANE,

Une pareille affaire est de tant d'importance Qu'il ne peut Voffenser de votre résistance. Cette sainte union des inclinations Est la première au rang des libres actions; C'est là qu'innocemment un esprit se dispense A ne point révérer la loi de la nailsance ; C'est là qu'il faut oser, et (|u'un cœur abattu Fait de l'obéissance une lâche vertu.

CRANTE

Aussi tous mes desseins et toute ma puissance Tendent à renouer ma première alliance ; Lysimant doit mes vœux à l'indiscrétion De cet indigne objet de mon affection: . Tantôt, songeant à lui, j'ai vu. par la fenêtre* Qui rend dans son jardin, un de ses gens paroîtrc, A qui j'ai fait ouïr qu'il l'avertît d'aller Au logis d'Éliante où je lui veux parler: Car de le voir chez nous, le dessein de mon père Ne me le permet pas. ^ .

cI|lir££.

Pressez donc cette affaire, Et n'ouvrez point l'oreille à la sévérité Dé ceux* dont en ce point le droit est limité; J'ai ravi Lysimant à sa dernière amante: 4

Un effet merveilleux a suivi mon attente ; Je passe pour Lysandre en l'estime de tous , Et Ro^inde m'estime en qualité d'époux.

Usez utilement de cette heureuse feinte, Et secouez le joug d'une injuste contrainte î Votre heur dépend de vous.

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