‹ Œuvres [ed. by E.L.N. Viollet-le-Duc] (volume 2)Chapitre 253 sur 406 · ACTE IL · texte numérisé non relu

ACTE IL

MSTE, ISABELLE, en la cour du palais.

ADRASTE

KTXT un compliment de long-temps aflfecté, se demander l'état de ta santé:

'aborde tes yeux aujourd'hui d'autre sorte, Duandant comment moi-même je me porte, traitement nouveau mon cœur reçoit de toi , is vivons encor sous une même loi , affection m'est encore assurée, livine humeur est toujours de durée, si tu n'as point promis à mes rivaux lit que ta beauté ne doit qu'à mes travaux.

ISABELLE

te, mettez fin à cette frénésie, me vengerai de votre jalousie:

ue vous estimiez ou vous plaindre ou railler, irler d'inconstance est me la conseiller.

ADRASTE

is que pour moi seul ton cœur n'est pas de glace , i tâcheroit en vain de s'y donner ma place ,

Qu'après tant de sermens il ne peut plus faillir :

Accorde toutefois qu'on le peut assaillir, ,

Et que tu ne dois pas m'imputer pour offense

De dire que je dois beaucoup à ta défense.

Qui ne seroit sensible à ces aimables traits?

Ah! si je possédois un peu de tes attraits.

Si j'avois daps les yeux les moindres de ces flammes

Par qui tu sais qu'Amour a fait brûler tant d'âmes,

Et qu'une autre beauté chérît mon entretien,

Ce seroit un esprit bien troublé que le tien;

Lors ta bouche et la mienne auroient même langa|[e:

En un mot, on ne peut être amoureux et sage.

Si pourtant j'ai failli, j'implore le pardon:

La faveur que je prends me signera ce don.

(Il la baise.)

Ah! ce baiser n'a point la qualité des autres. Mauvaise! quelle humeur est comparable aux vôtres? Ma déesse, ordonnez que je quitte le jour. Si vous vous offensez de me voir trop d'amour.

ISABELLE

Et que voulez- vous plus? si j'étois bien prudente, Je... Mais pour me venger je suis tro^ indulgente; Je donne à votre amour de trop fidèles soins , Et vous en auriez plus si j'en témoignois moins; Mais c'est trop, quel sujet ainsi seul vous ramène? Et que n'attendiez- vous le retour de la reine ?

ADRASTE

Consulte là-dessus tes aimables appas:

Eux seuls , ma chère vie , ont rappelé mes pas. L'excès de mon amour m'anime le courage A venir le premier présenter mon hommage.

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