ACTE II, SCÈNE III
^entends que tu feindras de te sentir atteinte, Mais non pas de passer les bornes de la feinte; Or allons de ce pas tracer un mot d'écrit A ce divin objet qui règne en mon esprit , Où tu témoigneras qu'une ardeur imprévue A forcé ta défense à sa première vue ; Que toû affection l'invite de venir Ce soir, oii tu pourras seule l'entretenir, Aux murs du vieux jardin^ où certaine fenêtre A l'instant assigné te laissera paroître. Or voici le dessein de cette invention: le pourrai sous ton nom conter ma passion. Là, seule, en tes habits, en ta place et voilée, De tous autres objets que de lui reculée, *e lui déclarerai les amoureux transports Qu'il excite en mon âme avec des traits si forts; Je sonderai son cœur, et, sans être connue, Je ferai qu'il verra ma flamme toute nue. Allons donc lui tracer cet écrit promptement. Et songeons à jouer le tout subtilement.
( Us sortent. )