ACTE III; SCÈNE II
Fe sais faire l'amour et faire mon devoir, iij'aypis dans le ciel une amante nouvelle ^ 'e n'y monterois pas pour laisser Isabelle : ^ique la beauté même eût de charmans appas ^ Sn fussé-je adoré, je ne Taimerois pas.
CLÉONTE
ioycz-moî , Clorimand , que cette frénésie fa pas jusqu'à ce point troublé ma fantaisie. )n ne peut ignorer vos rares qualités , It combien votre aspect est fatal aux beautés ; fais je connois aussi combien la reine est sage , ît que c'est la raison qui gouverne son âge. h doute seulement tient mon âme en souci : ^ourquoi ce.tte beauté ne vous parle qu'ici ? Jui la meut à cacher une amour vertueuse? intentez là-dessus mon humeur curieuse.
CLORIMAWD.
'our ce pomt, je ne puis autre chose estimer, inon qu'elle veut voir ce qu'elle veut aimer ; ►u'elle veut éprouver combien je la respecte , t qu'elle tient l'humeur de mon pays suspecte. Ile s'aime avec moi , mais si discrèteme**t ue je n'ai pas le bien de la voir seulement. uand ce bien m'est offert en faveur d'une étoile. Ile hausse les mains pour abaisser son voile; lie rougit de honte, et je rougis aussi: a même pureté feroit l'amour ainsi, [ais ne me suivez plus; j'arrive à la fenêtre ^ cet astre voilé me va bientôt paroître; LCtirez-vous d'ici, contentez mon désir:
i vous me chérissez , chérissez mon plaisir.
CLÉONTE
Puisque vous refusez d'accepter mon service, Adieu; que le ciel soit à vos flammes propice.
(Il sort.)
CLORi^MAND, scul uvec Lfsis.
Jûmais cet horizon ne se vit plus en paix; Jamais le ciel ne prit un bandeau plus épais. Qu'en cette heureuse nuit j'ai la fortune amie! , Je n'entends aucun bruit, la lune est endormie; Quelque amoureux larcin que pût faire un amant, Je croîs qu'il pécheroit ce soir impunément; Et qui dit que le ciel voit ici toute chose, Perdroit cette créance à voir comme il repose. Qu'oh dressât maintenant ou rompît ses autels, Je crois ([u'il a perdu tout souci des mortels ; Les dieux sont assoupis aussi-bien que les hommes: On y dort aussi -bien qu'au séjour oîi nous sommes; Et de tout ce qui donne et qui reçoit le jour. Rien ne veille que moi, ma maîtresse et l'Amour; Que je t'éprouve, ô ciel! propice à ma prière! Ta voûte me vaut mieux moins elle a de lumière. Ma belle aimant mes yeux est jalouse des tiens; Leur importunité nuit à mes entretiens : Quand tu ne la peux voir, elle est à la fenêtre ; Mais elle disparoît en te voyant paroître.
Lysis.
Adorez-vous quelqu'un de ces oiseaux de nuit Qu'on ne peut jamais voir quand le soleil nous luit? Un hibou cause-t-il votre amoureuse peine ? Auriez-vous bien, monsieur, une âme si peu saine?