‹ Œuvres [ed. by E.L.N. Viollet-le-Duc] (volume 2)Chapitre 283 sur 406 · ACTE V, SCENE III · texte numérisé non relu

ACTE V, SCENE III

FILlÊMOir.

Consultez cette lettre.

e plaignez point les vœux que votre prince a faits, espère que bientôt ils seront satisfaits.

LE ROI, lui donnant un diamant.

! Youdrois pour ces mots aussi te satisfaire , ette bague précède un plus digne salaire.

FILEMOIf.

! Taimerai , monsieur, avecque passion , dmme un gage étemel de votre affection.

(11 sort.) LE KOI.

Rapprendra ce papier, ô ma pudique envie ? ui dois-jc des baisers? m'annonce-t-il la vie?

(Appelant Cléonis.)

etiens, cher Cléonis, je te crois trop discret

)ur jamais abuser d'un important secret.

ois ce que je reçois de la part de la reine,

t crois que sur ses vœux mon âme est souveraine.

CLÉONIS.

ous procure le ciel de ses rares beautés out le contentement que vous en souhaitez.

LE R CI lit la lettre.

Au gentil Espagnol.

<c Renonçons au déguisement » Et levons le masque à la feinte; » Traitons l'amour ouvertement, i> Cher Espagnol, je suis atteinte.

ïe connois vos vertus, je sais votre naissance^

» Mon cœur est surmonté^

4io LES OCCASIONS PERDUES,

w Et je mets sous votre puissance » Ma fortune' et ma volonté.

» Quand la nuit voilera les cieux, » Venez apprendre de ma bouche » Combien^ malgré vos envieux, » Votre insigne vertu me touche.

» Ils dressent une embûche à votre belle vie,

» Évitez ces jaloux ; » Malgré leur haine et leur envie, » Je vous aime , Hélène est à vous. »

Me pouvois-je du ciel tant de bonheur promettre? . A genoux, Cléonis, adorons cette lettre; Puisque ses belles mains ont tracé cet écrit , Baise-le mille fois^ contente mon espriL Dieux! que je crains beaucoup en cet excès de joie, Si quelque mal léger votre main ne m'envoie. Qui , tempérant un peu l'aise que je ressens. D'une extrême infortune affranchisse mes sens! Connu, chéri, mandé d'une beauté divine, Ah! mettez dans ces fleurs pour le moins une épine! Car on doit redouter un malheureux succès Lorsque vous présentez vos faveurs dans l'excès. Qui peut avoir appris ma naissance à la reine? Ce point , cher Cléonis , met mon esprit en peine.

CLÉONIS.

Quelque habit, quelque nom que vous ayez cherche, Sire , l'éclat des rois ne peut être caché. Quelque amas de vapeurs que Phébus puisse faire, On s'aperçoit toujours qu'il est sur l'hémisplière. Dessus le front d'un roi le ciel grave son nom, Il peut changer d'habit, mais de visage, non.

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