ACTE V, SCÈNE IX. 4a
Je n'ai ni trahison, ni surprise conçue,
(Montrant Fil^mon.)
Et Yoilà de qui j'ai votre lettre reçue.
FILÉMON.
Li mémoire, madame, au besoin vous déçoit: (lest à cet Espagnol que l'écrit s'adressoit.
Hélas ! pour quel affront le ciel m'a-t-il fait naître ! Qu'on ne diffère plus, assassinez ce traître. Estimois-tu si mal de ma pudique ardeur. Qu'elle quittât le roi pour son ambassadeur?
GLÔRIMAND.
(Qorimand etLysis viennent défendre le roi qu'on yeut tuer.)
roumez ici, cruels, vos yeux et vos épées. Us! à quoi pensez-vous qu'elles soient occupées? -»a nature , inhumains , par un secret effroi , fe vous dit-elle point que vous tuez un roi? ie quel sang votre main seroit-elle tachée ! )ieux! tant de majesté peut-elle être cachée? it ne savez-vous pas qu'en ce déguisement l est venu flatter son amoureux tourment? \ue son âme languit pour les yeux de la reine? Iruels, pour tant d'amour lui doit-on tant de haine? î suis ce Clorimand, grande reine, c'est moi; lus aimé, toutefois moins heureux que le roi. ►e vos chastes faveurs ce prince seul est digne, [on sort est au-dessous de ce bonheur insigne. onorez sa vertu par des vœux infinis:
'est de la main du ciel que vous êtes unis.
h! c'est trop, grand monarque, abaisser votre gloire; t ces faux vêtemens.... Mais, dieux! le dois-je croire?
Si mon bonheur n'est faux, et si c'est tous, grftâdroi,
Je jure à vos désirs une immuable foi.
LE ROI
Pour obtenir, madame, une faveur si grande, ^
C'est peu que de mes loîx la Sicile dépende ; ^ : Et, pour mieux mériter l'honneur de vous servir, Je veux tout l'univers sous mon sceptre asservir.
ISjIBELLE.
Quel heur inespéré! quelles métamorphoses! Que cette obscure nuit fait voir de belles choses! Pardonnez, Clorimand, à mon esprit déçu: Ce que je vous donnois, Adrast^ l'a reçu.
CLORIMAND.
En ces rares faveurs que le ciel vous envoie , Mon sujet ne doit point traverser votre joie: 11 est vrai que mon cœur idolâtroit vos yeux ; Mais je n'ai pas dessein de résister aux cieux.
Isabelle, est-ce vous?
ISABELLE
Vous m'entendez, madame:
Adraste me possède, il a surpris mon âme; Autorisez l'hymen qui doit joindre nos jours.
Oui, je' suis indulgente à vos jeunes amours; Et, pour combler enfin nos voluptés divi«es, Je vous promets, Cléonte, une de mes cousines. Vous savez qu'Héliante a des traits assez doux; C'est d'eUe désormais qu'il faut être'' jaloux.