ACTE V, SCÈNE IX. 4îi
Le ciel devoit le prix à sa fidélité.... Hélas! que diras-tu de ma légèreté?
(Ils se baisenU) CLÉONTE.
Enfin, nommerez-vous ma plainte une injustice? Toulez-Yous plus long-temps différer soii supplice? Et, TOUS étant offerts à soulager mon mal^ Quand rougiront tos mains du sang de inon^ rival?
CL^OICARD.
A quoi nous Veut, Cléohte, obliger votre haine? Après tout, nous devons du respect à la reine.
( La reine sort de chez elle. ) LA Rfliri!:.
Perfides ennemis du repos de mes jours, Combien seront les dieux à ma prière sourds; Et quand lancerotit-ils en faveur de mes flammes, Celles de leur courroux sur vos coupables âmes? Mais pourquoi recourir à leur divinité?
Qu'ai-je à solliciter que mon autorité?
Sans de ces vains discours ennuyer leurs oreilles , De quoi ne peuvent pas disposer mes pareilles? Oui, Clorntnand est mien, oui Clorimand est roi. U a rangé mon cœur et Naples sous sa loi. Vous n*y consentez pas, et le ciel le désire!.... Qui doit dessus mes vœux avoir le plus d'^empire ? Mon sort relève-^il de vos esprits jaloux ? Devoîa-je de vos mains recevoir un époux?
CLORiiiAiiD, caché.
Lysis, qu'a-t-elle dit? que ce discours m'éfoiraiei Je suis ttari sans femme et prince sans côuroniie.
LYSis, se frottant les yeux.
Dieux! que de songes vains me viennent travailler! Je dors assurément, et je pense veiller.
CLÉONTE
Simples^ nous .redoutons ces menaces frivoles; Nos bras sont abattus par de vaines paroles! Assassinons ce traître^ en son lit, en son sein; Entrons , donnons , rompons , suivons notre dessein.
CLlÉOirARD.
Réprimez la fureur qui votre âme possède.
Et vous montrez plus ferme en ce mal sans remède.
LA REIITE.
Sans plus réitérer d'inutiles devis.
Croyez que m'obéir est le meilleur avis; Laissez par le devoir régir votre courage, Chérissez Clorimand et lui rendez hommage. Descends, divin objet de mes chastes désirs. Enfin leur passion s'accorde à mes plaisirs, ^ Enfin, cher Clorimand, ma volonté plus forte..,.
( Le roi descend avec Filëmon. ) LE ROI.
Qui pensez-vous, madame, appeler de la sorte? Ignorez-vous mon nom? ces armes et ces bruits Vous font-ils, ma déesse, ignorer qui je suis?
Ah! mes vœux sont trahis! Traître, quelle imprudence T'a fait sous un faux nom décevoir ma prudence?
LE ROI
Venu dessus l'écrit qu'apporta Filémon,
Je n'ai point eu dessein de vous cacher mon nom ;