ROS£LI
Je ne suis plus au point de juger des appas: Sous la forme d'un dieu vous ne me plairiez pas ; Vous traversez en vain des amours si parfaites, La mort nous guérira des maux que vous nous faites. Adieu ; n'ajoutez point à mon cruel tourment Celui de ne pouvoir soupirer librement.
(Elle sort.)
LE ROI, en s'en allant.
A quoi me résoudra ma douleur furieuse? Ne puis-je mépriser cette âme dédaigneuse ? Agréables dédains, profitable rigueur, Si vous pouvez m'ôter son image du cœur!
scÈNi; III.
(en HONGRIE.)
LA REINE de Dalmatie, FLORINÉE, déguisées
en pèlerines.
LA REINS
Que peux-tu concevoir , chère et sage parente,
Des secrets de mon cœur fidèle confidente?
Quelles intentions te peux-tu figurer
Me voyant en ces lieux que je dois abhorrer?
Ne crois pas qu'une amour qu'on ne puisse distraire
M^amène ici pour voir, ni le roi, ni son frère;
Que je veuille, inconnue en ce faux vêtement,
Adoucir à leurs yeux mes amoureux tourmens.
Ne t'imagine pas qu'une amoureuse rage
Ait jusques à ce point abaissé mon courage.
Si nous pouvons par l'un juger de tous les deux,