‹ Œuvres [ed. by E.L.N. Viollet-le-Duc] (volume 2)Chapitre 346 sur 406 · ACTE V, SCÈNE IL · texte numérisé non relu

ACTE V, SCÈNE IL

ALC ANDRE, se montrant.

Non, ma voix qu'elle entend témoigne le contraire; J*ai pour elle une ardeur que rien ne peut distraire; Hymen ne m'a jamais dessous ses lois rangé: A ses seules beautés mon cœur s'est engagé.

LE ROI

Ah traître! injuste objet de ma juste colère, Est-ce là le souci que tu prends de me plaire ? Et n'espères-tu pas un cruel châtiment Après t'être moqué de mon commandement?

Qu'on le mène, ce traître, à mes yeux détestable. Attendre en un cachot un arrêt équitable; Qu'il aille en cette horreur caresser les serpens , Ce criminel auteur des pleurs que je répands , Cet odieux sujet de ma douleur extrême. Ce démon, ce sorcier de la beauté que j'aime !

(On emmène Alcandre. Rosalie va pour le suivre.)

LE ROI, retenant Rosélie.

Rosélie, oîi cours-tu, ma déesse?

ROSELIE.

Au trépas, Si vous ne permettez que je suive ses pas.

LE ROI, r arrêtant.

Arrête ici , cruelle , homicide , inhumaine ,

Et donne un peu de trêve à l'excès de ma peine.

Quelle preuve de foi , quelle soumission

Peut gagner une place en ton affection?

Comment alluma-t-il celle ardeur qui te presse?

Sou.s quel noia, sous quel teint faut-il que je paroisse?

5oo L'HEUREUSE CONSTANCE,

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