‹ Œuvres [ed. by E.L.N. Viollet-le-Duc] (volume 2)Chapitre 353 sur 406 · ACTE V, SCÈNE IV. Sog · texte numérisé non relu

ACTE V, SCÈNE IV. Sog

Si je dois espérer d'attirer ta pitié ; A tes chastes attraits ma liberté s'engage, Je brûle d'accomplir notre heureux mariage. Mais qui te fait couvrir tes rares ornemens Du nom de pèlerine et de ses vêtemens ?

LA* RJEINE.

La curiosité de voir cette merveille

Qui se peut assurer de vivre sans pareille ,

El par qui je n'étois qu'un objet de mépris,

Est Tunique sujet du travail que j'ai pris.

Mais le sort me trahit; Paris m'a reconnue,

El comme il a paru surpris de ma venue,

Qb seigneur le gaussant, a son courroux ému;

Tk en venoient aux mains quand nous vous avons vu.

pXais que je suis confuse en ces métamorphoses!

.Dois-je croire, monsieur, ce changement des choses?

Et dois-je pas encore avoir l'esprit douteux

Après avoir reçu des affronts si honteux?

Ife croyez-vous sans yeux de m'envoyer ce frère

Si dissemblable à vous^ si peu digne de plaire;

Kt jogiez-vous mon cœur si capable d'amour,

Q^ue de chérir ses vœux et l'épouser un jour ?

LE ROI

ion mérite, madame, a des forces exquises; 1 a de mille cœurs asservi les franchises, j^u'on l'amène en ces lieux, et qu'il vive content: ^accorde à ses désirs l'objet qui lui plaît tant.

ROSELIE.

3^ bonheur sans pareil! ô prince magnanime ^c rendre satisfait notre espoir légitime!

5io L'HEUREUSE-CONSTANCE,

TIMANDRE.

O l'agréable jour! que ce déguisement

Nous comble tous d'honneur et de contentement!

ARGANT

Oui , si mon maître et moi sommes hors de ce nombre. Ayant pu tout avoir nous n'avons que de l'ombre. Si rien que ces beautés -ne rend ses vœux contens, Il se peut assurer de coucher seul long-temps.

(Alcandre vient, amené par des gardes j Ogier le sait.) ALCANDRE, à ^ reii>2^.

Madame, pardonnez à l'amour sans pareille Qu'entretient en mon cœur cette rare merveille; Quoiqu'on m'eût obligé de vous offrir ma foi , Je n'ai pu violer celle qu'elle a de moi. L'homme que vous voyez a la feinte conçue , Il parut sous mon nom et vous fûtes déçue j Il jugeoit aisément, dans le dessein qu'il prit, Qu'il n'étoit pas de grâce à charmer votre esprit.

OGIER

Oh! voilà bien payer mon service fidèle!

Si mon visage est laid, au moins ma taille est belle;

Et si sa majesté parle sans fiction.

Elle a senti pour moi quelque inclination.

LA REINE, en riant.

Quelle dame à vos yeux ne seroit pas atteinte, Monsieur? Je me doutai d'une pareille feinte: Voyant la majesté de ce jeune seigneur , Certain instinct me fit lui rendre de l'honneur.

LE ROI

Mon frère , bénissez cette heureuse journée Où cette belle fille à vos vœux est donnée :

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