‹ Œuvres [ed. by E.L.N. Viollet-le-Duc] (volume 2)Chapitre 358 sur 406 · ACTE I, SCÈNE III. 5a · texte numérisé non relu

ACTE I, SCÈNE III. 5a

ERGASTE

' Je n'ai que trop de temps.

"Combien faut-il de mets et combien de bouteilles ? J'ai pour vous obéir des ardeurs sans pareilles.

HJBNECHME Ravi.

Je suis fort redevable à ton affection , Car tu forces pour moi ton inclination. Attends, je vûérrobjet qui cause mon martyre.

un

'scène iïi. ^

MÉNECHME Ravi, ÉROTIE, ERGASTE.

MKNECHME Ravi , à Érotie.

Vous sortez justement au point qu'on vous désire ; Mais avec une grâce et des attraits si doux Que vous me forcerez à m^éloigner de vous, Si vous ne retenez les regards tout de flamme Qui m'encbantent les yeux et qui m'embrasent l'âme. Je ne puis concevoir comment chaques momens Vous peuvent apporter de nouveaux ornemens. Jadis vous paroissiez des plus belles du monde , Naguère sans pareille, aujourd'hui sans seconde. Mais le ciel voit enfin ses efforts limités. Il ne peut qu'ajouter à vos rares beautés; Et vous avez, madame, épuisé ses merveilles Si l'esprit et le corps ont des douceurs pareilles. Si ma douleur vous touche , et si vous guérissez TJn homme seulement entre tant de blessés.

lÊROTIE.

Si vous ne réservez une voix si féconde,

Vous me rendrez, monsieur, la plus vaine du monde.

5îx4 LES MÉNECHMES,

Et je crois qu'aujourd'hui vous avez entrepris De vous nuire vous-même et de ni'étre à mépris, Puisque vous m'élevez en un degré de gloire Où rien ne m'est égal , si j^'ai droit de vous croire.

MlÉJf EGHME Ravi.

Mon amour seul aspire à cette égalité; Il est seul infini comme votre beauté.

En cet unique point vous pouvez être^pîne. De rejeter mes vœux et de causer ma^eine.

ERGASTE, à Ménechme liavù Commandez le diner.

ÉROTIE.

J'estime infiniment Le discours que vous dicte un esprit si charmant. Quoi que je dissimule et que je désavoue , Je suis femme pourtant, et j'aime qu'on me loue.

ERGASTE, à part.

Moi, j'aime qu'on me traite.

ÉROTIE.

Ainsi je dois aimer Un qui sait si bien feindre et si bien estimer.

' M]É]^£CHME Ravi.

N'êtes-vous point du ran^ de ces âmes faciles Que tout le monde trouve également dociles, En qui tous les esprits font de mêmes effets, Qui promettent toujours et né donnent jamais? O dieux! que votre humeur doit être méprisée! Que souvent ces discours t)nt mon âme abusée! Telle qui me charmoit par l'appât de sa voix. Que je croyois m'aimer autant que je l'aimois.

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