‹ Œuvres [ed. by E.L.N. Viollet-le-Duc] (volume 2)Chapitre 367 sur 406 · ACTE II, SCÈNE III · texte numérisé non relu

ACTE II, SCÈNE III

MÉITECHME Sosicle.

Dieux! le divin objet' Je me rends, Mèssénie, Et ne puis résister à sa force infinie.

MESSENIE.

Il est vrai qu'elle est belle.

lÉROTIE. ^

Entrez donc, tout est prêt.

MElf ECHME Sosicle.

Que son visage est doux ! que son discours me plaît K

MESSENIE.

Fiit*elle plus charmante, et cent fois plus aimab^^ Le mal que je prévois m'est bien désagréable. ;***^- Ge n'est qu'à votre argent qu'elle tend ses appas.

ÉROTIE.

Vous ne répondez rien; ne m'entendez-vous pas?

Quoi! me connoissez-vous?

:ÉROTIE.

Monsieur, devez-vous croire Qu'un moment vous ait pu chasser de ma mémoire? Ne me fîrois-je plus au rapport de mes yeux? Et ne venez-vous pas de sortir de ces lieux?

MÉN ECHME Sosiclc.

Madame, brisons-là ce discours inutile:

Je ne vous vis j<imais, et j'aborde en cette île.

ÉROTIE.

Dieux! combien aujourd'hui son humeur a d'appas! Et qu'il plaît à railler où sa femme n'est pas !

MÉNECHME Sosiclc.

Yous vous donnez, madame, une inutile peine.

ÉROTIE.

Quoi! VOUS n'habitez pas cette maison prochaine?

MÉNECHME Sosiclc.

Je cède à qui voudra le droit que j'y prétends : Puisse faire le ciel périr ses habitans!

ÉROTIE.

Que cet homme est saisi d'une folie extrême! 11 renonce à son bien, et se maudit soi-même.

MÉNEGHME Sosicle.

Si vous avez dessein d'attirer un amant,

Il n*y faut employer que vos yeux seulement ;

Vous n'avez point besoin d'une si vaine feinte ;

Ma raison s'est rendue, et mon âme est atteinte.

L'honneur de vos baisers est un bien infini ;

Et qui l'a méprisé , soi-même s'est puni.

Ne différez donc plus un bien si délectable

Dont vous favorisez un objet incapable.

O dieux! qui n'aimeroit la force de vos coups,

Et qui pourroit tenir contre des traits si doux?

ÉROTIE.

Vous reprenez toujours vos premières licences; Mais je ne suis pas femme à souffrir ces offenses» Je vous ai fait paroître et juré trop souvent Que votre affection se repaissoit de vent, Que vous entreteniez une espérance vaine , Et que vous vous donniez une inutile peine. Restreignez votre ardeur aux termes d'amitié j Honorez de l'amour votre chaste moitié; Nous serons tous contens , et dans ces deux limites Rien ne m'empêchera de chérir vos visites.

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