‹ Œuvres [ed. by E.L.N. Viollet-le-Duc] (volume 2)Chapitre 378 sur 406 · SCÈNE VL · texte numérisé non relu

SCÈNE VL

ÉROTIE, MÉNECHME Ravi.

MENECHME Ravi.

Ayez de moi, madame, un meilleur sentiment,

L'amour na pas si fort troublé mon jugement;

S'il me devoit réduire à ce point de manie,

Je me dégagerois de sa force infinie.

Mais j'ai 4es yeux encor pour voir ce qo^ je fais ,

Je sais que de ce pas j'arrive du p^Uis :

On se propose en vain de tromper ma mémoire ,

Ce que je n'ai point fait , je ne le saurois croire.

EROTIE.

Vous ne l'avez pas pris pour le faire émailler?

MÉNECHME Ravi.

Que vcfus êtes savante en l'art de vous railler! Si vous avez porté la qualité d'épouse , Figurez-vous l'humeur d'une femme jalouse; Et que , si je ne rends ce poinçon que j'ai pris , La mienne tous les jours m'étourdira de cris; Exemptez-moi des bruits de cette femme avare, Je vous en promets un plus exquis et plus rare.

EROTIE.

Monsieur , je n'entends rien à ces jeux déplaisans , Ne m'importunez plus, et gardez vos présens. Votre îoyeuse humeur s'est assez exercée , D'autres soins maintenant m'occupent la pensée ; Adieu.

( Elle rentre chez elle. }

MiÉNECHME Ravi.

Madame, un mot!... O rigoureux destin!

Q'un astre infortuné m'éclaire ce matin ! O ciel ! que nous devons révérer ta justice , Et que tu me punis d*un sévère supplice ! Où me dois-je adresser, que dois-je devenir? Quel avis faut-il prendre, et quel chemin tenir? ' Chacun me traite en fou, tout le monde me raille^ On me ferme la porte en quelque part que j'aille; Tout conspire à venger le vol que j'ai commis : Il me faut là-dessus consulter mes amis.

FIN DU TROISlàHE ACTE.

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