SCÈNE VL
ÉROTIE, MÉNECHME Ravi.
MENECHME Ravi.
Ayez de moi, madame, un meilleur sentiment,
L'amour na pas si fort troublé mon jugement;
S'il me devoit réduire à ce point de manie,
Je me dégagerois de sa force infinie.
Mais j'ai 4es yeux encor pour voir ce qo^ je fais ,
Je sais que de ce pas j'arrive du p^Uis :
On se propose en vain de tromper ma mémoire ,
Ce que je n'ai point fait , je ne le saurois croire.
EROTIE.
Vous ne l'avez pas pris pour le faire émailler?
MÉNECHME Ravi.
Que vcfus êtes savante en l'art de vous railler! Si vous avez porté la qualité d'épouse , Figurez-vous l'humeur d'une femme jalouse; Et que , si je ne rends ce poinçon que j'ai pris , La mienne tous les jours m'étourdira de cris; Exemptez-moi des bruits de cette femme avare, Je vous en promets un plus exquis et plus rare.
EROTIE.
Monsieur , je n'entends rien à ces jeux déplaisans , Ne m'importunez plus, et gardez vos présens. Votre îoyeuse humeur s'est assez exercée , D'autres soins maintenant m'occupent la pensée ; Adieu.
( Elle rentre chez elle. }
MiÉNECHME Ravi.
Madame, un mot!... O rigoureux destin!
Q'un astre infortuné m'éclaire ce matin ! O ciel ! que nous devons révérer ta justice , Et que tu me punis d*un sévère supplice ! Où me dois-je adresser, que dois-je devenir? Quel avis faut-il prendre, et quel chemin tenir? ' Chacun me traite en fou, tout le monde me raille^ On me ferme la porte en quelque part que j'aille; Tout conspire à venger le vol que j'ai commis : Il me faut là-dessus consulter mes amis.
FIN DU TROISlàHE ACTE.