‹ Œuvres [ed. by E.L.N. Viollet-le-Duc] (volume 2)Chapitre 379 sur 406 · SCÈNE PREMIÈRE · texte numérisé non relu

SCÈNE PREMIÈRE

MÉNECHME Sosicle, ORAZIE.

MIÉNECHME Sosicle. ,

CiOMBiEir je perds de pas à chercher Messénie! II n'a rien en horreur tant que ma compagnie ; II ne s'estime serf qu'alors qu'il suit mes pas. Il est en liberté quand il ne me voit pas ; Il sait tout, il a tout, et j'ai peu de prudence D'honorer un captif de tant de confidence; Je connois son humeur, et suis mauvais devin S'il ne s'ensevelit maintenant dans le vin.

ORAZIE, venant à sa porte j et apercevant Ménechme. Il revient, je l'avise....

MiVEGHME Sosicle.

Auparavant qu'il sorte...

ORAZIE.

Et je dois à mes cris ce poinçon qu'il rapporte.

MÉNECHME Sosicle.

Les objets doubleront, il verra deux soleils, En moi seul il verra deux Ménechmes pareils;

Il perd entre les pots tout souci de me suivre ,

Il y passe les jours, et n'en sort jamais qu'ivre.

ORAZIE.

Homme le plus brutal qui respire en ces lieux, Oses-tu désormais te montrer à mes yeux? Ma plainte, déloyal, est-elle légitime Maintenant que tu tiens la preuve de ton crime?

M^NECHME Sosicle.

Quel crime? que veux- tu?

ORAZTE.

Qu'il parle effrontément!

Le confessera-t-il? rougit-il seulement?

MÉNEGHME Sosxcle.

De quoi m'accuses-tu?

ORAZIÈ.

Dieux! l'impudence extrême!

J'ai bien tort, et je suis le seul objet qu'il aime.

MÉrïECHME Sosiclè.

S'il est vrai que mon cœur brûle pour tes appas , C'est d'un brasier si doux que je ne le seiis pas.

ORAZIE.

Je te crois sans jurer, traître, itifâmé, adultère,

Il faut ne rien valoir pour ne te pas déplaire ;

La vertu n'a jamais ton esprit arrêté.

Ta haine est une preuve à mon honnêteté ;

Et si je te causois quelque amoureuse envie.

Je m'examinerois , j'accuserois ma vie ;

Mon honneur, ce me semble, auroit quelque défaut,

Je ne me croirois pas comporter comme il faut.

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