SCÈNE PREMIÈRE
MÉNECHME Sosicle, ORAZIE.
MIÉNECHME Sosicle. ,
CiOMBiEir je perds de pas à chercher Messénie! II n'a rien en horreur tant que ma compagnie ; II ne s'estime serf qu'alors qu'il suit mes pas. Il est en liberté quand il ne me voit pas ; Il sait tout, il a tout, et j'ai peu de prudence D'honorer un captif de tant de confidence; Je connois son humeur, et suis mauvais devin S'il ne s'ensevelit maintenant dans le vin.
ORAZIE, venant à sa porte j et apercevant Ménechme. Il revient, je l'avise....
MiVEGHME Sosicle.
Auparavant qu'il sorte...
ORAZIE.
Et je dois à mes cris ce poinçon qu'il rapporte.
MÉNECHME Sosicle.
Les objets doubleront, il verra deux soleils, En moi seul il verra deux Ménechmes pareils;
Il perd entre les pots tout souci de me suivre ,
Il y passe les jours, et n'en sort jamais qu'ivre.
ORAZIE.
Homme le plus brutal qui respire en ces lieux, Oses-tu désormais te montrer à mes yeux? Ma plainte, déloyal, est-elle légitime Maintenant que tu tiens la preuve de ton crime?
M^NECHME Sosicle.
Quel crime? que veux- tu?
ORAZTE.
Qu'il parle effrontément!
Le confessera-t-il? rougit-il seulement?
MÉNEGHME Sosxcle.
De quoi m'accuses-tu?
ORAZIÈ.
Dieux! l'impudence extrême!
J'ai bien tort, et je suis le seul objet qu'il aime.
MÉrïECHME Sosiclè.
S'il est vrai que mon cœur brûle pour tes appas , C'est d'un brasier si doux que je ne le seiis pas.
ORAZIE.
Je te crois sans jurer, traître, itifâmé, adultère,
Il faut ne rien valoir pour ne te pas déplaire ;
La vertu n'a jamais ton esprit arrêté.
Ta haine est une preuve à mon honnêteté ;
Et si je te causois quelque amoureuse envie.
Je m'examinerois , j'accuserois ma vie ;
Mon honneur, ce me semble, auroit quelque défaut,
Je ne me croirois pas comporter comme il faut.