LES MÊMES, M£SS£]!(I
, l^ESSENIE.
Enfin j'ai la maison à bon prix assurée; Mon maître y peut venir, sa chambre est préparée : Mais las! en quel état il paroit à mes yeux! Quelle injure a-t-il faite au peuple de ces lieux? Il le faut assister, et fendre cette presse.
MENECHME Ravi.
O dieux! qu'ai-je commis, que chacun me délaisse?
MESSiNIE.
Que veut aux étrangers ce peuple injurieux? Traîtres, n'irritez pas mon esprit furieux! Rendez cet innocent à mes justes requêtes, Ou craignez que mes bras ne fondent sur vos têtes.
LE VIEILLARD
Que veut cet insensé?
LE MEDECIN
Secourir son pareil.
MI£N£CHME Ravi.
Ah ! quel heureux démon t'inspire ce conseil ? Seul sensible à mes cri« , seul à mon sort propice ,
Achève , cher ami ^ ce favorable ofBce ; N'en épargne pas un, et suis ta passion: L'innocence répond de ta rémission.
Adieu, je cède aux coups.
HESSENiE, allant pour frapper le {Vieillard,
Toi , dont l'a main hardie , D'un coup si furieux m'a la joue étourdie...
LE VIEILLARD, yîjya/i^aftfc Omzic.
Ah! ma fille, fuyons.
MiNECHME Ravi, au médecin.
Tous les dieux vainenient Te voudroient dérober à mon ressentiment. Ta mort sera le prix...
LE iA^ï>i&ci^ jjwfont.
Il faut fuir, si je m'aime.
MÉNECHME Ravi , à Messénie.
Que je suis redevable à ta valeur extrême! Le ciel te soit propice, et que ses déités Te comblent de plaisirs et de prospérités. Leur rage fût sans toi de mon sang assouvie , Et sans toi , dans leurs mains , j'aurois perdu la vie.
MESSÉNIE
Admirez maintenant la valeur de ce bras;
Voyez comme les coups sont ses plus doux ébats;
Comme cette canaille, à mes yeux disparue,
Evite ma fureur et me cède la rue.
Suis-je pas à propos sorti de lisi maison?
Et pouvois-je venir en meilleure saison?
Heureuse occasion que le ciel m'a fait naître ,