ACTE IV, SCÈNE VI. S'jS
Pour signaler ma force en faveur de mon maître! Mais qui portoit ces gens à vous traiter ainsi ? De quoi se plaignoient-ils? otez-moi de souci.
MiifECHME Ravi.
Deux mots te l'apprendront. Ma femme.
MESSIÊNIE.
Qui?
MENECHME Ravi.
Ma femme.
MESSEiriE.
Que son esprit se trouble en Tardeur qui l'enflamme! Ménechme, où songez-vous? .
MiÉNSCHME Ravi.
Et qui t'a dit mon nom?
MESSÉKIE. "
Dieux! l'extrême fureur qui trouble sa raison!
MENECHME Ravi.
Comment t'appelles-tu?
MESSENIE.
Mon nom est Messënie.
MÉNECHME Ravi.
Que je suis redevable à ta force infinie ! Crois que je suis sensible au bien que tu me fais , Et que je chérirai ta mémoire à jamais. Je publîrai partout ta force incomparable. Adieu , que soit le ciel à tes yeux favorable.
MESSÉNIE
Ah! je vois de son mal des signes trop puissans; Je veux perdre le jour, s'il n'a perdu le sens. Ne le puis-je tirer de cette rêverie ? Mon maître , tout est prêt à votre hôtellerie^
Je vous ai trop vengé de ces affronts reçus , Ne perdez point de temps à rêver là-dessus : Il faut rendre le calme à cet esprit malade. Et divertir vos soins par quelque promenade Lorsque vous aurez vu si la maison vous plaît. O ciel! ô justes dieux! en quel état il est!
MÉNEGHHE Ravi.
Aurois-tu, ma raison, oublié ton usage?
11 faut que je sois fou si tout le monde est sage ; Et voyant tant de voix s'accorder en ce point. Je commence à douter si je ne le suis point. Ami , qui que tu sois , je ne te puis connoître ; Tu m'honores à tort du titre de ton maître ; Je ne me souviens point de t'avoir jamais vu , Et je t'affraiidiirois si ce nom m'étoit dû.
MESSEirij;.
C'est trop continuer cette feinte inutile ,
Ne me croyez-vous point du peuple de cette île?
J'arrive comme vous en cette nation,
Et je n'ai point de part en leur intention ;
Mais vous connpissez trop mon nom et mon servage,
J'en porte sur le dos un trop sûr témoignage.
MENECHME Ravi.
Dieux! qu'est-ce que j'attends?
M£SSÉ]?nE.
C'est que votre bonté Me délivre aujourd'hui de ma captivité.
Monsieur, prononcez-moi cet arrêt favorable: Deux mots peuvent changer mon destin misérable.
MÉNECHME Ravi.
Sois libre, j'y consens.