‹ Œuvres [ed. by E.L.N. Viollet-le-Duc] (volume 2)Chapitre 43 sur 406 · ACTE IV, SCÈNE IV · texte numérisé non relu

ACTE IV, SCÈNE IV

Que, si d'autres objets ne channaient tes ennuis , On te verrait réduite à de fâcheuses nuits.

CLARINDE.

Que Tun est abusé, que l'autre sait bien feindre!

Ah! le doux passe-temps! dieux! comment se contraindre ?

OROirTE.

Enfin, c'est m'ennuyer en ce respect honteux : Qu'on se montre plus nue à mon esprit douteux, Et que j'apprenne ici le sujet de tes flammes.

ALIASTE.

Une jeune beauté, le miracle des dames. Et dont le moindre appas force les libertés. Tient parmi ses attraits mes esprits enchantés.

ORONTE

Je crois que depuis peu quelque démon contraire Prive de jugement et la fille et la mère.

GLARlIfDE.

Sus, vo3rez qui pourrait se contraindre en ce point; Si la mélancolie ici ne rirait point.

Qu'aisément un habit a déçu votre vue!

Et louez avez nous cette fourbe imprévue.

ALIASTE.

Voyez que nous savons par des moyens aisés, Tromper subtilement l'œil des plus avisés.

OROIfTE.

Aliaste, est-ce vous? Dieux! cette ressemblance Me charme , et tient encor mon esprit en balance. Ma fille a même poil, mêmes yeux, même teint: L'agréable transport dont je me sens atteint!

Qu'en ce déguisement mon esprit se récrée , £t que le souvenir de mon erreur m'agrée !

L'heur de vous réjouir me rend le plus content : Perside cependant chez ma mère m'attend; Et je ne suis déjà que trop long, ce me semble. Nos vêtemens repris, nous revenons ensemble.

OROWTE , s*en allanL Allez, mon cher parent, tout vieil que je me sens, Je trouve du plaisir en ces jeux innocens.

ALiASTE, seuL Ah ! que , si tu savais quel sujet nous y porte , Ce jeu ne t'aurait pas agréé de la sorte : Un pareil passe-temps n'eût pas été si doux! Sous mes habits, Perside, attend au rendez-vous^ Amour, guide nos pas, et fais qu^ c^ voyage. Soit la fin de nos maux, ou celle de iio^re âge.

FIN DU QUATRIÈME ACTE

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