‹ Œuvres [ed. by E.L.N. Viollet-le-Duc] (volume 3)Chapitre 105 sur 428 · CÉLIMÈNE, ALIDOR · texte numérisé non relu

CÉLIMÈNE, ALIDOR

▲ LIDOR.

0 favorable jour sur tous ceux de ma vie!

fai I*honneiir une fois de vous avoir servie.

fai trempé cette lame au sang de ces voleurs ,

Et je trouve en leur mort le prix de mes douleurs.

Qu'étois-je devenue? O dieux , que cette épce A favorablement ma crainte dissipée!

Quel bonheur, Alidor, guidant ici vos pas, ITa prêté du secours que je n espérois pas?

ALIOOR.

Ce bonheur est TefFet de mon obéissance : Sur votre mandement j'ai pris cette licence. Mais que jugerei-vous de mon affection, N'étant trouvé si. tard à l'assignation ?

Quelle assignation? quelle de vos maîtresses Attendoit en ce lieu vos vœux et vos caresses ?

le n'adore que vous, et jamais ma raison N'abandonna mon cœur dans une autre prison. Mon inclination est trop pure et trop forte Pour avoir partagé l'amour que je vous porte ; £t j'ai de vos appas des sentimens meilleurs , Que de les comparer. et que d'aimer ailleurs. Ce visage, l'honneur et la gloire du monde ,

i54 LACÉUMÈNE,

N'est pas une beauté qui souffre de seconde ; Et cette extrême ardeur qui cause mon souci Ne souffre pas , madame , une seconde aussi.

C]ÊLIMÈHE.

Quoi ! je vous attendois si tard en cette plaine ?

ALIDOR

Oui y si vous êtes juste , aimable Gélimènef Si vous êtes sensible aux rigueurs de mon sort , Enfin si Floridan n'a fait un faux rapport.

CJÉLlMàlTE.

Et que vous a-t-il dit?

ALIDOR

Qu'à la fin mon martyre Vous auroit disposée au bien que je désire , Et que vous souhaitez , ô bonheur infini ! Qu'un jour à votre sort mon destin fût uni ; Que vous seriez ce soir au bord de cef bocage, Préparée à souffrir ma vie et mon hommage.

GÉLIMÈNE.

Vous croyez , Alidor , un peu légèrement : Je ne l'ai point chargé de ce commandement. L'amour ne permet pas à votre rêverie De discerner le vrai d'avec la raillerie. Floridan vous gaussoit.

ALIDOR

Ces cheveux toutefois Me doivent confirmer le rapport de sa voix. II a reçu pour moi ce favorable gage Par qui vous témoignez de chérir mon servage.

CÉLlukNE.

Donnez que je le voie.

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