ACTE V, SCENE VIII
Il est Tunique objet de Fardeur qui m'enflamme, Il possède tout seul et mon cœur et mon âme ; Nos destins sont unis par un même lien, Et si quelqu'un m'attaque , il défendra son bien.
CiLIMÈITE.
A-t-il perdu le sens ?
FLO&IDAN.
Oui, car j'aime un volage . Qai trahissoit pour vous une foi qui lengage, Mais il ressent enfin sa première amitié , Et son juste regret attire ma pitié.
CÉLIMlfeNE.
Dieux, qu'il est insensé! croit-il être une femme?
FtORiDAïf , se découvrant. lugez-le par mon sein.
CiLIMÈNE.
O merveille! o madame!
Qu'une agréable feinte a nos yeux abusés ! l'excuse maintenant si vous me méprisez.
ALinOR.
0 dieux! qui l'eût pensé?
FLORIDAN
Pour bannir ma tristesse , J'ai voulu dans ces lieux éprouver mon adresse ; ït Filandre doutoit , sachant votre rigueur , Que j'eusse assez d'attraits pour toucher votre cœur. TO divertissement j'entrepris cette feinte ; *^ signalé ma force , et vous étiez atteinte. Mais quels sont vos désirs, et que puis-je pour vous? Alidor vous promet des passe-temps plus doux;
i58 LA CÉLIMENE,
£t j'ai dû lui céder, sachant comme il vous aime, Tout ce que je prétends en votre aniour extrésM. Si vous m'aimez encor , comme je vous promets Que mon affection ne cessera jamais , Que je vous chérirai d'une ardeur étemelle , Soyez sensible aux maiix d'un amant si fidèle.
ciLiMÈN £ , à AUdor.
Oui, je reçois, monsieur, votre cœur de sa main; Vous n'accuserez plus ni rigueur, ni dédain : Me voilà disposée à vous rendre justice , Et vous devez ce bien à ce doux artifice.
FLORiDAir , à Alidor.
Que demandez-vous plus?
ALIDOR
Cet unique discours ^ Me pouvoit rendre heureux et conserver mes jours. Après mes longs ennuis ma joie est sans seconde , Et je passe en bonheur tous les amans du monde.
GIÉLIMÈNE.
Adieu , retirons-nous , et vivons tous contens.
FLORIDAN
Non, non , venez jouir d'un autre passe-temps. Votre sœur à présent n'est pas sans compagnie, Et je la veux tirer d'une peine infinie.
(Hs sortent tous.)