‹ Œuvres [ed. by E.L.N. Viollet-le-Duc] (volume 3)Chapitre 12 sur 428 · ACTE I, SCÈNE III · texte numérisé non relu

ACTE I, SCÈNE III

Non , non , de ta beauté mon cœur sera le prix ; Mais, cédant aux attraits, je vaincrai les mépris.

lOLE.

Le plus fier ennemi , quelque ardeur qui Tenûamme , Dompte malaisément ce qui dépend de Fàme : Un tyrannique empire et d'injustes efforts Ont soumis à vos lois ce misérable corps; Mais, sous quelque tyran que ce captif respire. Un heureux désespoir en peut ôter l'empire : Mourant , il peut franchir cette barbare loi ; Et s'il ne s'aime pQs^ il est maître de soi.

HERCULE à genoux.

Ah! voilà rebuter d'un mépris trop sévère Celui qui t'aime seule , et seule te révère. Pardonne, belle lole, à mon affection Cette mauvaise humeur et cette émotion; Sois-moi cruelle, ingrate, inhumaine, farouche; L'amour peut arracher quelques 'mots de ma bouche, Je puis bien d'injustice accuser tes appas. Mais de t'outrager plus, Hercule ne peut pas. Le ciel dessus mon chef répande le supplice Dont te peut menacer mon aveugle caprice! Mon père en cet instant me voie avec horreur. Et relance sur moi les coups de ma fureur !

lOLE.

Détournez donc ailleurs cette flamme lascive ,

Et ne croyez aVoir en moi qu'une captive ,

Puisque vos traitemens, ou rigoureux ou doux,.

Ni le temps qui peut tout, ne peufent rien pour vous.

' HERCULE-

Je vaincrai ta rigueur par d'invincibles aimes : Hercule s'instruira de Fusage des larmes; Hercule en même teipps ^ura vivre et mourir J Et s'oublira soi-même afin de t^acquérir.

Page 1