SCÈNE IV
CÉPHALIE, DORISMOND; FLORONDE, sous le nom de Lysanor.
CEPHALIE.
Keux ! que cet importun a peu de complaisance ! Umort me seroit chère au prix de sa présence.
DORISMOND.
Atcz-vous relâché ces mépris rigoureux
I)oBt vous désespérez tant d'esprits amoureux?
CÉPHALIE.
Avez-vous corrigé cette importune envie Dwit vous persécutez le repos de ma vie ?
DORISMOND.
Quoi ! servir constamment votre rare beauté Tous nuit y et passe en vous pour importunité ?
CÉPHALIE.
Sans me faire expliquer , vous me devriez entendre : Votre plus doux service est de ne m'en point rendre.
DORISMOND.
C'est rendre en peu de mots mon soupçon éclairci. Tome II. i4
aïo L'HEUREUX NAUFRAGE, »
CÉPHALIE.
A qui veut qu'on s'explique il faut parler ainsi,
DORISMOND.
Dieux! ce jeune étranger possède un charme étrange!
GIÉPHALIE. ^
Il peut beaucoup s'il fait que votre humeur se change.
DORISMOND.
Il a bitt^ sur la vôtre obtenu cet effet.
CÉPHALIE.
Il vous a fait jaloux: , c'est tout ce qu'il a fait.
DORtSMOWD.
Ne peut-il ébranler ce cœur inaccessible ?
ClèPHALIE. * '
A qui possède un charme il n'est rien d'impossible.
<DORÏSMOND.
Que fait ce doux aimant des beautés de ce lieu?
CÉPHALIE.
Peut-être qu'il m'attend , et je le cherche. Adieu.
( Elle sort avec Lyssmor . ) DORISMOWD, Je«/. M
O sévère mépris ! 6 ciel ! ô honte ! ô rage "
Capable d'animer le plus lâche courage ! .^
Quoi , ce jeune insolent, ce vil rebut des flots, ,/ll Vient jusques à nos yeux troubler notre repos! L'onde le respectoit à dessein de nous nuire , .
Il ne s'est conservé qu'afin de nous détruire ; D'un malheur évident le traître a profité ; Il a ce Qu'il n'eut pas en sa prospérité; 11 est d§ tous les cœurs l'amour et les délices ,