ACTE IV, SCÈNE I. ai
Sar nous et sur vous-mêine ait un égal empire» Acquérez cette gloire euire les autres rois , D'être Tobservateur de vps premières lois.
CLEASTUE.
Quoi, je verrois sans pleurs la mort qui nous sépare!
En ces occasions la constance est barbare.
Londe a fait de ma sœur son butin précieux ,
ma père Fa suivie en ces funestes lieux ,
Et parmi ces malheurs je sécherois mes larmes !
Et ma constance, hélas! ne rendroit pas les armes!
Oliarbare conseil! ô ciel injurieux!
Ronpe trop inhumaine , et trop sévères dieux !
AGHAIfTHE.
Un roi qui vit sans soins en sa natale rive ,
Dont la paix rend la vie et la valeur oisive ,
Dont un honteux repos tient les sens enchantés ,
Et que la mort surprend entre ces voluptés,
Comme il meurt sans lauriers , sans gloire et sans estime ,
Bend à ses successeurs la pitié légitime ;
On le plaint justement , sa honte fait nos pleurs ,
[Et sa mémoire cesse avecque nos douleurs ;
un dont la valeur n'a point eu d'heures calmes ,
qui meurt dans un camp environné de palmes , [Dire : «Il fut un grand prince, il a bien combattu», jCest le plus beau tribut qu'on doive à sa vertu. Tdles de Thaumasis furent les destinées : IB meurt chargé d'honneurs, de palmes et d'années. [€*est envier son bien que de plaindre son sort ,
l'on doit d'un œil sec voir une illustre mort, achevons seulement le dessein de ses armes ; le sang des vaincus lui tienne lieu de larmes ,
ai6 L'HEUREUX NAUFRAGE,
Et que Jara détruite , et ses murs renversés , Fassent chercher un jour oii furent ses fossés.
CLIÉAITTHE.
Tel étoit le dessein de cet heureux monarque ,
Qui du royaume noir passe la triste barque ;
Telle est de son armée encor l'intention ,
Et telle est de son fils la juste passion.
Rendons notre valeur et ce siège célèbre y w
Ne faisons de Jara qu'un théâtre funèbre ;
Des bras de Salmacis tirons ce ravisseur ,
Que je dois immoler aux mânes de ma sœur ;
Qu'à ses plus fiers soldats mon bras soit redoutable, '
Et que l'innocent meure avecque le coupable.
( lis sortent. )