‹ Œuvres [ed. by E.L.N. Viollet-le-Duc] (volume 3)Chapitre 171 sur 428 · ACTE V, SCÈNE IV. a4t · texte numérisé non relu

ACTE V, SCÈNE IV. a4t

Payeroit.de ce prix une amitié si ^are,

Et quel malheur me peint si difforme à tes yeux

Qu'en cette élection la mort te plaise mieux ?

GLIÊANDRE.

Je sais trop de quel prix sont vos aimables charmes^ Et combien il est doux de leur rendre les armes; Je sais combien de rois envîroient mon bonheur : Mais la loi de mon sort m'ordonne cet honneur.

SALMAGIS.

Est-ce que dans Téclat ton courage ^'étonne? Crains-tu de succomber au faix d'une couronne? Pour tes timides pas un trône est-il trop haut , Et t'y plairois-tu moins que sur un échafaud? U qualité de roi peut-être t'importune , Et tu crains les grands soins d*une grande fortune. Eh bien! pour être tienne, et pour suivre tes pas^ Paut-il fouler a^x pieds ce qui ne te plaît pas ? ^aut-il sacrifier à cet amour extrême ' ritres ) possessions , et sceptre y et diadème ? Bannirai-je pour toi respect , honte et devoir^ Et fiiut-il seulement perdre tout pour t'avoir ? lisais prête à te suivre en quelque solitude ^ ton superbe cœur soufire ma servitude, ")& j'ose dire enfin : On a reçu ma foi, ''aj^^utiens à Cléandre , et Cléandre est à moi.

GLÉANDRE.

our prix de vos travaux , ordonnez , grande reine , ^ on rende mille fois ma mort plus inhumaine ; ^tes qu'on joigne au fer la flamme et le poison , -"^ que je souffre tout pour votre guérison ; •^ ^ pour me faire aimer autre objet que Floronde , Tome IL i6

a4a L'HEURfiUX NAUFRAGE,

Vous emploîriez en vain l'effort de tout le 4Bonde. Les yeux de Céphalîfi ont des charmes si doux Qu'on est trop glorieux de mourir de leurs coofê} J'ai trahi toutefois cette jeune merveille Lui vouant une ardeur à la sienne pareille ; Je faisois de sa peine un divertissement. Et votre jalousie étoit sans fondement.

Donc que différez-vous dp pynir ce coupable ? Que je souffre une mort horrible , épouvantable ; Et quand avec mes jours mes maux seront passés ^ Qu'on dise : Il aima trop , et n'aima pas assez.

SALHACIS.

J'ai VU , cruel , j'ai vu quel souci te tourmente. Pourquoi déguises-tu cette ardeur violente? Pour couvrir tes amours, pourquoi mal à propos Des morts mêmes vas-tu traverser le repos ? Floronde fut l'objet de ta mélancolie , Mais tes soucis enfin naissent de Céphàiie ; A l'impudique ardeur qui cause ton tourment , Un lit est en objet bien plus qu'un monument. Si le ciel à Floronde eût conservé la vie , J'aurois imprudemment traversé ton envie ; Tes soupirs étoient dus à sa fidélité, Avant que d'être grand mon feu fut avorté : Mais Floronde n'est plus ; et , pour une effrontée Qui ne peut rien pour toi , ma flamme est rejetée. Songe, hélas ! quelle erreur aveugle tes esprits; Songe quel est l'objet de tes lâches mépris ; Et si je dois encor espérer quelque place En ce cœur qui pour moi n'est que marbre et que ^ S'il peut être sensible aux maux que j'ai soufferts,

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