‹ Œuvres [ed. by E.L.N. Viollet-le-Duc] (volume 3)Chapitre 172 sur 428 · ACtE V, SCÈNE IV. a · texte numérisé non relu

ACtE V, SCÈNE IV. a

Viens essnyer mes pleurs et qu'on brise tes fers : Pour empMwr ta mort fais cesser mon supplice ; Par la justice mêtase é\ite la justice ; Pour ne te pelrdre pas v Gléandre , sauTe-moi; Fais vivre et \n vivras, filis gtâce et la reçoi.

GLJANDRE.

Enfin c'est trop cacher à Tardeur qui vous presse Un secret important qu^il faut que je confesse : Que votre majesté m'accorde seulement Qu'en ce lieu Lysanor reviendra sûrement. Mais , dieux ! à quel effort ma crainte se dispense !

SALMACIS

Je te donne sa vie , apprends-moi son oflense ; Qoe je soaffre sa peine , et périsse au moment Que j'aurai de sa faute aucun ressentiment.

CLfiANDRE.

Cest trop délibérer : Lysanor est Floronde.

Le ciel en me sauvant la retira de l'onde.

Il sait bien que, perdant cette chaste beauté,

En me rendant le jour ce bras me l'eût ôté ;

L'onde , malgré vos vœux , eut du respect pour elle ,

Et de sa mort sa voix m'annonça la nouvelle.

Peur d'expresses raisons cet objet plein d'appas

A votre majesté ne se déclara pas :

Elle apprit votre amour et redouta son père ,

Qui pouvoit me priver de ce bien que j'espère;

Elle est allée enfin trouver son successeur,

Kon pas en qualité de héraut, mais de sœur;

Et lorsque j'espérois son retour et ma grâce ,

Et que le roi rendît la paix à cette place ,

l'eus avec Dorismond ce fatal accident ,

Pour un jaloux soupçon qu'il m'apprit en mourant

Floronde m'étant chère à l'égal de moi-même,

Je ne l'ai point nommée en ce danger extrême;

Voyant tant de fureur avecque tant d'amour,

J'ai craint que mon malheur ne lui coûtât le jour. . ^

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