ACtE V, SCÈNE IV. a
Viens essnyer mes pleurs et qu'on brise tes fers : Pour empMwr ta mort fais cesser mon supplice ; Par la justice mêtase é\ite la justice ; Pour ne te pelrdre pas v Gléandre , sauTe-moi; Fais vivre et \n vivras, filis gtâce et la reçoi.
GLJANDRE.
Enfin c'est trop cacher à Tardeur qui vous presse Un secret important qu^il faut que je confesse : Que votre majesté m'accorde seulement Qu'en ce lieu Lysanor reviendra sûrement. Mais , dieux ! à quel effort ma crainte se dispense !
SALMACIS
Je te donne sa vie , apprends-moi son oflense ; Qoe je soaffre sa peine , et périsse au moment Que j'aurai de sa faute aucun ressentiment.
CLfiANDRE.
Cest trop délibérer : Lysanor est Floronde.
Le ciel en me sauvant la retira de l'onde.
Il sait bien que, perdant cette chaste beauté,
En me rendant le jour ce bras me l'eût ôté ;
L'onde , malgré vos vœux , eut du respect pour elle ,
Et de sa mort sa voix m'annonça la nouvelle.
Peur d'expresses raisons cet objet plein d'appas
A votre majesté ne se déclara pas :
Elle apprit votre amour et redouta son père ,
Qui pouvoit me priver de ce bien que j'espère;
Elle est allée enfin trouver son successeur,
Kon pas en qualité de héraut, mais de sœur;
Et lorsque j'espérois son retour et ma grâce ,
Et que le roi rendît la paix à cette place ,
l'eus avec Dorismond ce fatal accident ,
Pour un jaloux soupçon qu'il m'apprit en mourant
Floronde m'étant chère à l'égal de moi-même,
Je ne l'ai point nommée en ce danger extrême;
Voyant tant de fureur avecque tant d'amour,
J'ai craint que mon malheur ne lui coûtât le jour. . ^