‹ Œuvres [ed. by E.L.N. Viollet-le-Duc] (volume 3)Chapitre 180 sur 428 · SCÈNE IL · texte numérisé non relu

SCÈNE IL

PAMPHILE, seul d^ abord; ensuUe If ISE^ vêtue

en cavaUer.

riKpHiLS, qui s^est endormi dans le bois^ s'éveille

au chant des rossignols ^

Petits habitans de ces bois , Témoins de ma longue tristesse , Les charmes de vos belles voix Augmentent le mal qui me blesse.

Employez ces divers accords A plaindre la triste aventure Qui mit des plumes sur vos. corps , Et vous fit changer de nature.

Vous qu'Amour ne fait plus ni gémir ni pleurer ,

Soupirez de regret de ne plus soupirer.

aÇo LA CÉLIANÉ4,

L'espoir entretient les amans, Et les flatte avec tant de charmes , Que vos plus doux contentemens Sont plus ennuyeux que nos larmes.

Quoique nosjssprits affligés Témoignent de vives atteintes, ,

En souffrant ils sont obligés Au sujet qui cause leurs plaintes, Et leur mélancolie a de certains appas Qu'en ses plus doux transports la volupté n'a pas.

Puissant démon de l'amitié, Que les cœuf^ ont tort qui te craignent ! Que leur repos fait de pitié !

Que nous plaignons ceux qui nous plaignent Que dans les assauts amoureux On gagne à se laisser atteindre !

Les vaincus sont les plus heureux, Et les vainqueurs les plus à plaindre.

Tu forces nos esprits avec des traits si doux , Que c'est craindre son bien que de craindre tes coup

Tu fais paraître nos douleurs Dans les choses qui n'ont point d'âme ; L'air comme nous verse des pleurs « Et les cailloux font de la flamme; Echo , par un triste propos , Nous entretient de son martyre; Le ciel n'a jamais de repos ; L'eau se plaint , et le vent soupire.

La terre comme nous se range à ce dessein,.

Et présente des fruits à qui lui fend le sein.

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