SCÈNE II
FLORIMANT, PAMPHILE, NÎSE.
PAMPHILE, à Florimant.
' Que cet aimable jour dissipe tes ennuis , Ce jour qui te destine à tant d'heureuses nuits, Et qui mettra ce soir un soleil dans ta couche.
FLORiMAifT, aNise.
Esclave de* vos yeux , un timide respect Tient les miens abaissés à cet aimable aspect ; Pareil à ces captifs qu'on ne voit point paroître L'œil et le front ouverts à l'aspect de leur maître. Qu'une divinité soit l'objet de mes vœux, Que son amaiit la range au dessein que je veux ! Ciel, qui l'eût espéré? Non, mon âme confuse Doute de ce bonheur et croit qu'on la refuse, Que votre belle humeur vient sous de faux attraits Flatter un malheureux que vous tuerez après.
TfISE.
Non, non, ne doutez plus des faveurs assurées Qu'à votre affection Pamphile a préparées , Puisqu'il vous donne un prix que l'amour a fait sien, Et qulil peut à son gré disposer de son bien.
PAMPHILE, a Florimant.
Vous offensez , cruel , l'amitié la plus nue Que jamais dans un cœur le ciel ait reconnue : Des vœux que si souvent mon ardeur vous a faits, En ai-je quelquefois retranché les effets? Puis-je, étant tout à vous, vous refuser ma dame? Puis-je donner mon cœur et retenir mon âme?