ACTE IV, SCÈNE IL agg
FLORIMANT.
Qaelqae foi que je donne à tes moindres propos^ Je doute de me voir si près de mon repos , ft je tiendrai toujours cette gloire incertaine Si madame d'un mot ne me tire de peine , Rassurant de sa foi qu'un hymen solennel iprès entretiendra d'un lien étemel.
TXiSE^ à FlorimaïU.
^isqu'à vos passions le ciel m'a destinée, )ue différons-nous plus un célèbre byménée? hii, ce corps est à vous, et la mort seulement . droit de traverser votre contentement.
FLORIMANT.
k>ux arrêt de ma vie!
PAMPHiLE, apart.
Et de mon infortune !
FLORIMANT.
4eux! que votre grandeur me seroit importune!
^e ma victoire est belle et mon destin heureux,
)e m'avoir fait époux aussitôt qu'amoureux !
Sais , Pamphile , un remords que ton regard m'envoie
fraverse infiniment ce doux excès de joie ;
Pon œil triste et mourant prouve un ennui secret ,
fu ne me donnes point ce trésor sans regret ;
Et dans ce déplaisir dont ton âme est atteinte ,
l^a voix me fait une offre et tes yeux une plainte.
^ussi je t'obéis avec peu de raison ,
Et mon ingratitude est sans comparaison.
Helas ! dois-je souffrir que mon sujet sépare
Ce que le ciel a joint d'une amitié si rare?
ioo LA CÉLIANEi
Vos soupirs étouffés, adorable beauté,
Ne m'accusent que trop de cette lâcheté.
Il est vrai que j'offense une amour trop parfaite;
J'avoue, heureux amans, votre plainte secrète;
Sur ce cœur criminel elle obtient son effet,
Et le traître renonce au dessein qu'il a fait. >
Que de nouveaux sermens réuixissent vos âmes;
Je ne m'oppose plus à vos fidèles flanmies ;
Et puisque je dois prendre ou Nise ou le tombeau,
J'épouse le dernier et je le trouve beau.
Le noir froid de la mort à mes yeux a des charmes.
Adieu, vivez heureux, ne versez plus de larmes.
Sans crime désormais je puis voir le jour;
Souffrez que l'amitié triomphe de l'amour.
(Il veut se tuer.)
^AMPUiL^ j le retenant. . ' Las \ permets à nos pleurs de mouiller nos visages; Notre amour rend par eux ses derniers témoignages: Ce dieu reçut dans l'eau l'être et le sentiment; Souffre qu'il meure aussi dans le même élément. Il est mort pour Pamphile ; et ces dernières larmes Me vont rendre ce dieu sans pouvoir et sans armes : C'est fait, je n'aime-phis.
iriSE.
Ah ! cruel , que dis-tu ?
fl
PAMPHILE
Qu'autant qu'il est permis de chérir la vertu.
FLORIMAWT.
Nise, employez pour lui vos redoutables charmes; Se défendant si mal , prenez pour lui les armes. Sous quelle étroite loi me veut-il engager,