‹ Œuvres [ed. by E.L.N. Viollet-le-Duc] (volume 3)Chapitre 217 sur 428 · SCÈNE V · texte numérisé non relu

SCÈNE V

NISE, tenant un verre de poison.

Si jusques à ce point le ciel me favorise. Que tu n'ayes prévu l'intention de Nîsç , Pardonne-moi , Pamphile , et ne t'offense pas Du dessein qui me fait recourir au trépas. M' aimant, tu ne dois pas aimer mon infortune; La mort m'est favorable et la vie importune. Je vivois seulement pour vivre sous ta loi ; Mon cœur, je ne puis être et n'être pas à toi. Quand cet heureux poison m'aura la vie éteinte , N'accuse point le ciel , ne pousse point de plainte : Tes pleurs ne rendront pas mes mânes satisfaits, Et mon affection veut de plus beaux effets. De ce qui restera de ce fatal breuvage Achève comme moi ta vie et ton servage. Puisqu'une même ardeur a conjoint notre sort, Fuyons sa cruauté par une même mort j Que par même sentier nos âmes divisées Aillent se réunir au bord des Élysées.

Alors la mienne, veuve et de corps et d'époux, Engagera sa foi sous des liens plus doux: En l'agréable nuit de ces campagnes sombres, Un amour étemel unira nos deux. ombres; Alors tu me pourras entière posséder,

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