‹ Œuvres [ed. by E.L.N. Viollet-le-Duc] (volume 3)Chapitre 216 sur 428 · ACTE IV, SCÈNE IV · texte numérisé non relu

ACTE IV, SCÈNE IV

Mais c'est trop, Philidor, choquer ton sentiment, Et j'offire du secours à ton aveuglement. Appuie hà ta main , A'épargne point ma peine ; TraTersQDS à pas lents cette inégale plaine ; Souf&e que de ces eaux je détourne tes pas , Évite ces buissons que tu n'aperçois pas. 0 dieu y le bel aveugle, et qu'il est peu timide, De marcher en ces lieux sans bâton et sans guide I

PHILIDOR

Ne m'importune plus de ces propos railleurs ;

Va, Julie , exercer ta belle humeur ailleurs.

Que de foibles soucis ta passion t'apporte.

Et que c'est mal aimer que d'aimer de la sorte !

Tu ris de mon malheur; mais possible dans peu

Ton cœur éprouvera si l'amour est un jeu.

Adieu, fuis ce tyran, évite ses atteintes.

Et crains qu'un jour tes ris ne se tournent en plaintes.

JULIE

Garde de t'égarer en ces lieux d'alentour.

PHILIDOR

Ct toi, crains de tomber dans les pièges d'Amour.

(Usort.)

JVI.IE seule.

En l'état oïl je suis que cette crainte e^t vaine ,

£t que je veux en vain dissimuler m^ peine!

Cest un foible moyen envers cet inconstant

Que de «ne plaindre peu lorsque j.e souffre tant :

V tient pour vorités des termes si frivoles ;

S pense que mon cœur s'accorde à mes paroles ,

ït l'ingrat ne sait pas qu'en l'art d^ bien aimer

^ ne joue ces froideurs qu'à desimn d'^nltamw^*

3o8 LA CÉLIANE,

£espérois rémouvoir paroiBsant moins émae , Et je ne lui parlois que pour n'être pas crue. ;' Mais qu'ai-je fait, hélas I qu'augmenter ses g^çens! Je sais bien mal , Amour ^ pratiquer tes leçons.

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