SCÈNE VI
NISE, JULIE.
JULIE, surprenant Nise, et lui arrêtant le bras. Dieux, que viens-je d'entendre?
ICISE.
O surprise importune!
JULIE
Nise, qu'espérez-vousr?
WISE, -
Finir mon infortune.
Que la pitié vous touche en l'état où je suis, £t ne prolongez point le cours de mes ennuis. Ai-je trop peu souffert? Pour comble de misère. Dieux! fautril que la sœur soit complice du frère; Que l'un soit^le sujet de mon cruel tourment, £t que l'autre s'oppose à mon allégement?
JULIE, renversant le verre,
^\ Nise, consultez cette rare prudence
Que tant de beaux effets ont mise en évidence i
Dieux j que n'est mon mérite égal à mon bonheur!
Mais j'ai trop assuré mes fidèles services,
Ma bouche maintenante veut d'autres exercices,
Sa violente ardeur ne se peut contenir;
Je sais mieux vous baiser que vous entteteniri ''
Agréable transport dont mon âme est ravie , »; j
Ah ! qui dans vos plaisirs conserveroit la vie !
• FLORIMAITT.
O signes trop certains du malheur de mes jours I Éteignons dans leur sang leurs lascives amours.
JULIE, le tirant loin de la porte* Cherchez , cherchez Pamphile , et différez , mon frère, Ces violens efforts d'une juste colère ; Non pour lui conserver cet objet odieux Qui doit être abhorré de la terre et des cieux , Mais pour le divertir par un soin favorable ^
Du funeste conseil de son sort déplorable. II consulte en ces bois sur la fin de ses jours, Si déjà ce cruel n'en a borné le cours. Las! j'ai trop reconnu sa passion secrète; Le présent qu'il vous fit est un don qu'il regrette ; . Détournez son trépas, faisant ses yeux témoins .', De l'infidélité qu'il soupçonne le moins.
FLOBIMANT.
Dieux! qu'un prompt changement renverse toutes choses, Et que je suis confus en ces métamorphoses!
JULIE
Mais la nécessité d'aller à son secours
Vous doit faire épargner le temps et le discours.
FLORIMANT.
Attends*nous en ces lieux.
(H sort,)