‹ Œuvres [ed. by E.L.N. Viollet-le-Duc] (volume 3)Chapitre 233 sur 428 · SCENE PREMIERE · texte numérisé non relu

SCENE PREMIERE

^ÏLKÈDE, déguisée en cawUer; CLÉANDRË, r le bord de la mer y regardant les débns dun isseau.

ALPHRÈDE.

»HaiDE, enfin le ciel^ par un destin visible, pt tes intentions pour ce bel insensible; 'aio tu suis les lois d'un enfant obstiné, "ain contre les dieux ton cœur s'est mutiné, lis d'heureux succès ne suivront tes attentes , sur pouvoir détruit quelque effort que tu tentes. it-ils pas, ces auteurs de tes cruels tourmens, tre une simple fille armé des élémens?

tune écume encor de la rage homicide it il veut t'empêcher de suivre ce perfide :

346 LA BELLE ALPHREDE, %

A peine as-tu sur Feau ses vaisseaux aperçu», ■*• • Que d'un soudain courroux les vents se sont émw Et qu'astres, élémens, flots ^ vents, grêle et tonm Tous d'un commun effort t'ont déclaré Ik gwrre; Les airs se sont troublés^ le tonnerre a gronde, Les vents d'un soin aveugle ont ton vaisseau guidt Et ton esprit confus sur ce triste rivage Est à peine remis dé la peur de l'orage , La mort à tout moment se présente à tes yeux, Prête d'exécuter la colère des dieux.

GLÉAiTDRB, FiibordarU.

J'avois bien vu d'Amour de diverses peintures, Et j'avois bien jugé, par beaucoup d aventures. Qu'il possède un grand droit sur les cœurs des hunu Et qu'il fait de grands coups de ses débiles mains Mais de m'imaginer que dans l'esprit d'AIphrède Il pût nourrir un mal qui n'eût pojnt de remède, A moins que d'en avoir mes propres yeux témoins C'est celui de ses faits que j'aurois cru le moins.

ALPHREDE.

Qui n'a jamais senti la force de ses armes. Le voyant en autrui , le trouve plein de charmes ; Il tient tout au-dessous du bonheur des amans, Et ne croit point de biens si doux que 'leurs tourni Ainsi qui voit le feu préfère à toutes choses L'aimable pureté de sa couleur de roses , Rien n'est à ses regards ni plus beau ni plus cher; Mais qu'il les dément bien s'il ose en approcher ! Quel si cruel serpent , quel monstre si farouche Avec moins de pitié dévore qui le touche ? Il s'attache , s'accroît , force , vole , s'étend ;

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