ACTE I, SCÈNE L
^^fÉê trat loi cède, et rien ne s'en défend.
ce dieu cruel, ce tyran de nos âmes; plaisent aux yeux et telles sont ses flammes : \ qne ses attraits ont 'vaincu nos esprits, 1 a'ast fiût passage en de jeunes esprits , que tout se rende à sa force indomptable ; : tigre plus fort , lion plus redoutable ; urgne tourmens, gênes, flammes, ni fers, B ea cruauté la mort et les enfers ; se, oppresse , brûle , étouffe , désespère , ^tre pleurs, soupirs , sanglots , plaintes , colère ; luhi^iter la mort et mépriser Iç jour , it. Amour qu'il est, il n'a rien moins qu'amour, le droit toutefois qu'ait pris sur ma pensée : aveugle dieu la fureur insensée , Iroit contre moi le nom de triomphant , I j^abattrois l'orgueil de cet enfant, Mais , las! à ce mot, et de rage et de honte, ; que tout mon sang au visage me monte.
CLIÉAIVDRE.
le, un tel portrait doit bien être important lis ferme la bouche et voUs afflige tant. :e point que la foi qu'il vous avoit donnée ui fit avancer les douceurs d'hyménée ?
I foi, justes dieux! De quels traîtres serment \ occasions se servent les amans !
laissai, cbétive , abuser de la sorte:
puis démentir le tén^n que j'en porte ; ue art et quelques soins dont je voulusse user, s bien que le temps est près de m'accuser.
348 LA BELLE ALPHRÈDE,
Apprends donc en deux mots quel est pour mon dommiga
Le sujet qui me porte à CQ triste voyage.
Tu sais que le soleil a fait deux fois son cours
Depuis qu'il est témoin de nos jeunes amours ;
Et Barcelone eût vu , durant ces deux années , * '
Le beau nœud d'hyménée unir nos destinées.
Si par des soins constans j'eusse pu conserverc...
Mais juge ce qui suit, je ne puis achever. ' j
Mes faveurs toutefois serabloient croître ses flamma»
Et plus fort chaque jour s'unissoient nos deux âmes,.
Son amour serabloit croître avecque ses plaisirs,
Je me laissois régir à ses jeunes désirs ,-
Et lui laissai sur n^oi prendre tant d'avantage ,
Qu'il m'en a fait enfin porter le témoignage.
Mais écoute le reste : ô mœurs! ô piété! .
O ciel! qui vit jamais semblable lâcheté?
Attiré par les bruits d'un appareil de guerre,
Sous l'aveu de son père il passe en Angleterre ,
Se fait voir quelques mois en ce fatal séjour, .
Et , comme il vaut beaucoup , charme toute la cour.
Quelque jeune beauté^ de ses charmes éprise,
Sans doute en ce pays captive sa franchise ;
Car depuis quelque temps s'étant rendu chez soi ,
J'ai vu que cet ingrat, au mépris de sa foi,
A traité mon amour de tant d'indifférence ,
Et flatté mes désirs de si peu d'espérance ,
Qu'à ma confusion j'éprouve bien, hélas!
Qu'il nuit de bien aimer et ne connoître pas.
Enfin ces jours passés j'appris que ce volage
Tenoit prêts des vaisseaux #our un second voyage ;^
Et ce perfide cœur, ô cruel désespoir!
M'a dédaignée au point de partir sans me voir.