‹ Œuvres [ed. by E.L.N. Viollet-le-Duc] (volume 3)Chapitre 234 sur 428 · ACTE I, SCÈNE L · texte numérisé non relu

ACTE I, SCÈNE L

^^fÉê trat loi cède, et rien ne s'en défend.

ce dieu cruel, ce tyran de nos âmes; plaisent aux yeux et telles sont ses flammes : \ qne ses attraits ont 'vaincu nos esprits, 1 a'ast fiût passage en de jeunes esprits , que tout se rende à sa force indomptable ; : tigre plus fort , lion plus redoutable ; urgne tourmens, gênes, flammes, ni fers, B ea cruauté la mort et les enfers ; se, oppresse , brûle , étouffe , désespère , ^tre pleurs, soupirs , sanglots , plaintes , colère ; luhi^iter la mort et mépriser Iç jour , it. Amour qu'il est, il n'a rien moins qu'amour, le droit toutefois qu'ait pris sur ma pensée : aveugle dieu la fureur insensée , Iroit contre moi le nom de triomphant , I j^abattrois l'orgueil de cet enfant, Mais , las! à ce mot, et de rage et de honte, ; que tout mon sang au visage me monte.

CLIÉAIVDRE.

le, un tel portrait doit bien être important lis ferme la bouche et voUs afflige tant. :e point que la foi qu'il vous avoit donnée ui fit avancer les douceurs d'hyménée ?

I foi, justes dieux! De quels traîtres serment \ occasions se servent les amans !

laissai, cbétive , abuser de la sorte:

puis démentir le tén^n que j'en porte ; ue art et quelques soins dont je voulusse user, s bien que le temps est près de m'accuser.

348 LA BELLE ALPHRÈDE,

Apprends donc en deux mots quel est pour mon dommiga

Le sujet qui me porte à CQ triste voyage.

Tu sais que le soleil a fait deux fois son cours

Depuis qu'il est témoin de nos jeunes amours ;

Et Barcelone eût vu , durant ces deux années , * '

Le beau nœud d'hyménée unir nos destinées.

Si par des soins constans j'eusse pu conserverc...

Mais juge ce qui suit, je ne puis achever. ' j

Mes faveurs toutefois serabloient croître ses flamma»

Et plus fort chaque jour s'unissoient nos deux âmes,.

Son amour serabloit croître avecque ses plaisirs,

Je me laissois régir à ses jeunes désirs ,-

Et lui laissai sur n^oi prendre tant d'avantage ,

Qu'il m'en a fait enfin porter le témoignage.

Mais écoute le reste : ô mœurs! ô piété! .

O ciel! qui vit jamais semblable lâcheté?

Attiré par les bruits d'un appareil de guerre,

Sous l'aveu de son père il passe en Angleterre ,

Se fait voir quelques mois en ce fatal séjour, .

Et , comme il vaut beaucoup , charme toute la cour.

Quelque jeune beauté^ de ses charmes éprise,

Sans doute en ce pays captive sa franchise ;

Car depuis quelque temps s'étant rendu chez soi ,

J'ai vu que cet ingrat, au mépris de sa foi,

A traité mon amour de tant d'indifférence ,

Et flatté mes désirs de si peu d'espérance ,

Qu'à ma confusion j'éprouve bien, hélas!

Qu'il nuit de bien aimer et ne connoître pas.

Enfin ces jours passés j'appris que ce volage

Tenoit prêts des vaisseaux #our un second voyage ;^

Et ce perfide cœur, ô cruel désespoir!

M'a dédaignée au point de partir sans me voir.

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