ACTE II, SCÈNE IL 36i
De reooun^r la fille au séjour où nous sommes I Toi que je crus mon seul et mon dernier appui , hends, prends en ce devoir un second aujourd'hui. Le ciel d'un beau surgeon accroît notre famille ; U te donne une sœur et me rend une fille : Oaps le doute où je suis j'ai voulu la nommer, Pbur obliger cet homme à me le confirmer; Et jU par art tiré son nom de sa pensée, Qu'en la préoccupant j 'a vois embarrassée.
ACkSTEyà Amintas.
lion esprit transporté d'aise, d'étonnement, ïe me laisse qu'à peine un peu de sentiment ^our bénir avec vous la puissance suprême l qui je suis tenu de ce bonheur extrême. 'Ommandez qu'on l'amène. En ce ravissement , ^cuvons-nous sans la voir respirer un moment?
FERRAITDE, à pOrt.
Keux! qu'est-ce que j'entends? quelle est cette merveille?
L peine mon esprit se fie à mon oreille ,
^ttrmi ces sentimens d'amour et de douceur,
St dans ces noms d'Alphrède , et de fille et de sœur.
AMINTAS
Lie sang me l'a nommée : à sa première vue, Mon âme d'un doux trouble aussitôt s'est émue ; Et quoique le soleil ait fait , depuis le jour )in nous a séparés, quatorze fois son tour, 2et instinct naturel qu'à l'abord on sent naître , Malgré ses faux habits me l'a fait reconnoître. Le puis-je taire encore ? Alphrède est en ces Jieux , Et je la tiens deux fois de la faveur des cieux !
362 LÀ BELLE ALPHRÈDE,
Rends, Acaste, à mes yeux un bien qui m'est si rare : Je trouve ce trésor et je m'en suis avare I Je demeure immobile et ne l'embrasse pas I Mon âge en cette ardeur peut retenir mes pas : Cours; mais à mes vieux ans accorde cette grâce, Que premier je me nomme et premier je l'embitM. Joignons à cette joie un divertissemrat; Fais qu'avant qu'être heureuse elle soufiBre un moneot; Dis-lui qu'on lui prépare et les fers et les gênes , Et que la mort est prête à terminer ses peines. Eprouvons sa vertu.
ACASTE. '
Laissez m'en le souci.
Je reviens de ce pas, et je la rends ici.
(flsort.)
AMiifTAS , bas à Tun des Arabes.
Vous, Géraste, écoutez.
FERRAITDE.
Qu'agréable est l'orage Qui doit être fini par un si beau naufrage , Et que douce est la perte à qui tant d'heur est joifit.
PREMIER AKiLBE^ àAniïntas, Je vais vous obéir.
AMIITTAS.
Allez, ne tardez pas.
(L'Arabe sort. }