ACTE II, SCÈNE V
ALPHAÈDE.
le donc y en faveur d'une ardente amitié,
vous et de mon frère implorer la pitié.
rëez que dans peu j'aille , sous sa conduite ,
mon parjure amant ruiner la poursuite.
is Londres, Isabelle, une jeune beauté,
» attraits charmeurs qui me l'ont enchanté :
(t là que de mes maux est la fatale source ,
c'est là ^ue mon soin en doit borner la course.
Dndex Ctt dessein que m'inspirent les dieux,
K>uflrez que dans peu nous partions de ces lieux.
n'est pas sans regret qu'Alphrède délibère
se ravir sitôt aux regards de son père ;
s elle s'j rendra par un prochain retour,
:e départ si prompt importe à son amour;
it une autre raison qu'une simple amourette ,
i mon honneur m'oblige à vous tenir secrète
[u'au temps qu'à vous seul je puisse ouvrir mon sein,
blige à ce fâcheux mais important dessein.
AMINTAS
s puisque ce trompeur, tombé sous ma puissance , ^e absolument de mon obéissance , ona-lui couronner votre fidélité • irons ce moyen de mon autorité.
ALPHRÈDE.
louceur fera plus sur cette âme de roche :
re hymen me seroit un éternel reproche.
mccès que j'attends consiste à bien savoir
r de i'artifice, et non pas du pouvoir.
37a LA BELLE ALPHREDE,
AMIITTAS.
Mais comment croyez-vous que la beauté qu'il aime Pour vous rendre ses vœux les dérobe à soi-même , Et cède à votre amour le choix qu'elle en a fût?
ALPHRÈDE.
Mes pleurs et mes soupirs obtiendront cet effet; Et s'ils peuvent si peu qu'elle n'en fasse compte, Il faudra réparer mon honneur par ma honte :
Je lui découvrirai Mais ne m'obligez point
A vous parler encor touchant ce dernier point.
AMIITTAS.
Sous l'espoir du retour je souffre ce voyage^ Puisqu'à ce rude effort ma promesse s'engage. Mais, durant ce fâcheux et long éloignement^ Que fera parmi nous cet infidèle amant?
ALPHRÈDE.
Au bout de quelques jours que je serai partie, L^équipant de vaisseaux permettez sa sortie.
( A Ferrande. )
Ici , mon cher» Ferrande , il faut que ton secours M'aide à tromper un traître et serve mes amours. Ce soir nous parlerons ; je te veux seul apprendre Ce plaisir qui m'importe et que tu peux me rendre: Mon père en ce bienfait secondera tes soins; Et, tous deux m'assistant, je n'espère pas moins Que de changer mon sort et que de faire naître Le remords que je veux en l'âme de ce traître.
ACASTE
Dieux, qu'il me sera doux d'accompagner vos pas!