‹ Œuvres [ed. by E.L.N. Viollet-le-Duc] (volume 3)Chapitre 276 sur 428 · SCÈNE VI · texte numérisé non relu

SCÈNE VI

Lbs miIhbs; EURILAS, ALPHRÈDE, sous le nom de Cliêomède; ORANTE.

EURiLAs, à Isabelle,

ITe délibérons plus d'un dessein résolu :

Je prétends sur ma fille un empire absolu ,

Zt veux que dès demain cet heureux mariage

Sous une même loi leurs deux âmes engage.

Sus, que de longs plaisirs dissipent nos ennuis;

le calme suit les vents, les jours naissent des nuits;

-Absi de la douleur que le ciel nous envoie

lAi-mème veut tirer notre commune joie,

Kends , ma fille , à ton teint ses plus vives couleurs ;

A l'auteur de ton mal laisse essuyer tes pleurs :

lié message d' Acaste a causé ta tristesse ,

Xt c'est au même Acaste à faire qu'elle cesse :

&m amour 9 et le sang qu'il exposa pour nous,

Ifli donne une maîtresse et te donne un époux.

ISABELLE

Tenant de votre main un présent de la sorte, Pour lui ma passion ne peut être trop forte ; ' Et par le soin des dieux ce bonheur m'arrivant, h ne les puis bénir d'un zèle plus fervent.

ACASTE

Quel sort est en bontés égal à ma fortune ! Quelle autre fut jamais plus douce et moins commune! Quoil mon remède, odieux, naît avec mon tourment! Je vois , j'aime et possède en un même moment ! Von père , de quels vœux

/|io LA BELLE ALPHRÈDE,

KURILAS.

Je VOUS dois davantage:

Je ne tiens que de vous ce reste de mon âge, Et ma maison entière est un indigne prix Dû charitable soin que tous deux avez pris. Allons, heureux soutien de mes vieilles années, D'une commune voix bénir nos destinées.

ALPHRÈDE, a part.

Le ciel m'accorde enfin le succès que je veux.

ORAITTE , h Alphrede.

Que fais-tu ? dis un mot en faveur de nos vœux.

ALPHRÈDE.

Non , non , c'est pour un coup assez d'un hymésee.

Notre peine à son tour se verra terminée;

Il faut qu'après leur temps le nôtre vienne aussi.

CRANTE

Tu n'y travailles pas avec trop de souci.

ALPHRÈDE, apart.

Enfin un doux espoir à ma crainte succède ; La fortune et le sort sont enfin pour Alphrède; J'ai droit de l'espérer. Amour^, peste des cœurs, Je forcerai mon sort et vaincrai tes rigueurs.

FIN PU QUATRIÈME ACTE

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