AU CARDINAL DE RICHELIEU
Le long de «es douie maisons, ContmuaDt sa course oblique (Quoique son char n'arrête point) , Ne passer d'un pas ni d'un point Les espaces de sa carrière , Et recevoir si constamment , Du lieu d'où lui vient sa lumière , Les règles de son mouvement ;
Tel on voit ton savant génie, Au service de notre roi , Conduire d'une égale foi Toutes les choses qu'il manie.
On ne voit sa sincérité Gauchir d'un ni d'autre côté, Quoique jamais il ne repose; Et dans ses travaux inouïs, L'unique but qu'il se propose Est la volonté de Louis.
Tes pas , restreints en ces imites , Ne savent point d'autre sentier; Là tu mets ton esfNrit entier, Là tu bornes tous tes mérites.
Là sont par les difficultés Tes hauts desseins sollicités;
Là ton ardeur rompt tous obstacles , £t produit àe si grands effets ,
Que qui ne croit point aux miracles Doit douter de ce que tu fais.
Ceux qu'on a vus de notre barque Devant toi régir le timon , Ont aussi peu laissé de nom Que leur vertu laissa de marque.
Ou leur zèle s'est trouvé faux, Ou leut* savoir eut des défauts; Et tous ont joint si peu de gloire A la beauté des fleurs de lis, Qu'ils furent , eux et leur mémoire , En même jour ensevelis.
Mais, Armand, loin de complaisance, Quels éloges n'ont mérité Et ton extrême probité Et ton extrême suffisance?
Jusqu'où n'a-t-on vu ton ardeur De nos lis étendre l'odeur?
Et qui de leurs tiges sacrées , Peut fii loin que toi repousser L'insolent soufBe des Borées Qui tâchent de les renverser?
O combien du siècle où nous sommes Seront de siècles envieux!
Sois-tu de la race des dieux.
Ou sois-tu de celle des hommes,