ACTE I, SCENE V
LÉAITDRE.
J'engage ce que j'aime en mon propre malheur,
Et ce regret , madame , est ma pire douleur.
Si le ciel outrageoit ma seu^^ destinée.
Si je Yoyois en moi sa haine terminée,
Ses coupa les plus pesans et les plus furieux
Seroient à mon amour des signes glorieux ;
Ces astres qpie j'adore , et pour qui je soupire,
Pôurroient d'un seul regard alléger mon martyre ;
le rirois le premier de ce déguisement ;
le me peindrois moi-même avec ce vêtement;
ïttrmi ces passe-temps je chérirois ma vie,
Si je verrois des rois et des dieux sans envie;
Mais de voir que Célie ait part à mes ennuis ,
De l'avoir exposée au danger où je suis,
Se tacher son estime , et de la voir contrainte
A la nécessité d'une honteuse feinte ,
CTest oit j'ai des sujets de détester mon sort,
CTeit là que la constance est un barbare effort.
ïe pui^je commander ?
Avecque plus d'empire
CÉLIE
Cm assez ; s'il est vrai , fais ce que je désire ; Kliuiis ces vains respects, vis plus joyeusement, Kt&is de ma folie un divertissement, ll^ttendant le retour de celui qui t'apporte Ce qui ramènera ton espérance morte ^