‹ Œuvres [ed. by E.L.N. Viollet-le-Duc] (volume 3)Chapitre 307 sur 428 · SCÈNE PREMIÈRE · texte numérisé non relu

SCÈNE PREMIÈRE

JÉRASME, CLIDAMANT.

ÉRASME

\)n ne peut sans horreur voir ses déréglemens;

Son geste et ses discours changent à tous momens;

lantQt Tesprit remis, l'œil riant, la voix saine,

Ble dément nos yeux, rit de nous voir en peine;

Et, niant ses discours , sait si bien contester ,

Qu'elle met les plus sains aux termes d'en douter.

Mais que ces bons momens sont de peu de durée!

Un instant fait revoir sa raison altérée :

C^ns son geste confus, et l'horreur de ses cris,

De crainte et de pitié saisissent les esprits;

Ma voir l'oeif ardent, les cheveux en désordre,

ïordre tantôt un bras, et tantôt le détordre,

^ raccourcir le corps , meurtrir son sein de coups ,

2t sauter furieuse à la face de tous,

Jn homme est bien barbare et bien inaccessible ,

^i la pitié chez lui trouve une âme insensible.

--Sieste médecin , espoir de ma maison ,

sw le ciel peut encor rétablir sa raison ,

/|58 LA PÈLERINE AMOURBU&E,

Ses trésors sont ouverts à vos mains vénérables ; Seul vous pouvez changer l'état des misérables; Eloignez de son corps cçt esprit insolent , Et calmez la fureur d'un mal si violent.

CLIDAMANT.

Je sers les immortels , et si leur bonté m'aide , Espérez de son mal l'infaillible remède. Nos crimes quelquefois attirent ces malheurs, Et nos santés alors dépendent de nos pleurs*

(Ils sortent)

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