SCÈNE V
CÉLIANTE, FILIDAN.
FILIBAlf.
J'allois TOUS annoncer un heureux changement.
CÉLIJLJXTB.
Quel?
FILIDA.N.
Célie est à vous ; hâtez-vous seulement.
GJÉLIANTE.
Ne flatte point mon mal d*espérances frivoles.
FILIDAN.
Non , non. Si les effets vous prouvent mes paroles?
CJÉLIANTE.
Je voudrois t'adorer.
FILIDAN.
Courez-y de ce pas ; Mon maître à vos désirs cède ses doux appas: ' Filidan , m!a-t-il dit , puisqu'une ingrate amante Préfère à mes desseins l'amour de Céliante, Je force en sa faveur mon inclination, Et je cède Célie à son affection; Je l'aime froidement , et ne vis point en elle ' Les grâces qu'y remarque un amant si fidèle ; Son visage n'a point les attraits que je veux^ Et mon seul intérêt lui procuroit mes vœux. Je conserve un ami cédant cette maîtresse De qui l'aversion paroît en sa tristesse ;• £t je veux, unissant ce couple de mes mains >