SCÈNE VI
LUCIDOR, CÉLIANTE.
cÉLiAiTTE, embrassant Lucidor.
Monsieur, quelque sujet qui vous sépare d'elle , Je chéris mon bonheur, et la cause en est belle. Soit qu'un plus rare objet règne sur- vos esprits , Que ma félicité naisse de vos mépris, £t que quelque défaut ou du corps ou de Tàme , Qui ne me paroît point , éteigne votre flamme , Soit que le seul dessein d'obliger un amant, Qui se propose en vain de cacher son tourment, Retire de ce lieu votre amour innocente , Vous ranimez l'espoir d'une âme languissante. Et comblez de faveurs un cœur reconnoissant Qui brûle de prouver combien il les ressent.
LUCIDOR, a^ec étonnement.
Qu' Aipour, cher Céliante , est un dieu redoutable! La folie aux amans est presque inévitable.