SCÈNE IL
ANGÉLIQUE, CLORIMÀND.
ANGIÉLIQVE,
Tout ce qu'offre à mes yeux cette superbe ville Fait contre ma tristesse un efTort inutile. Je confonds, Glorimand, toutes ces rareté&, Et n'ai qu'un qeil égal pour ces diversités : Ces antiques débris, cçs teodples magnifiques^ Ces toits d'or et d'azur, ces superbes portiques ,^ Ces hauts murs et ces tours, en qui l'art des humain^ A mis si près du ciel l'ouvrage de leurs mains ^' Dans le secret ennui dont je suis traversée. Ne peuvent un moment divertir ma pensée ; Et tu la peux juger aux mots que je confonds Lorsque tu m'entretiens et que je te réponds.
CLORIMAND.
J'ai peu de part , madame , en votre confidence ^ Mais vos yeux ont souvent trahi votre prudence ; Ils m'ont par leur tristesse exprimé vos douleurs; Souvent désavoués ils ont lâché des pleurs , Et jeté sans dessein des regards dans les nues Qui figuroient assez vos peines inconnues. Qur vous fait observer cette discrète loi , Et qui doit partager vos maux plutôt que moi ? Âvez-vous résolu de consumer votre âge Dans les longues erreurs de ce triste voyage? Sommes-nous pèlerins des enfers ou des cieux ? Cherchons-nous le chemin qui conduit en ces lieux? . Ne reverrez-vous plus ni Lyon, ni ce père