HERCULE, PHILOCTÈTE
HERCULE
JDoifC ton fils y ô Jupin! mourra sans l'allégeance
De tirer de sa mort une juste vengeance ?
Donc ma meurtrière un jour pourra sur mon cercueil
Publier sa victoire et fonder son orgueil?
Jalouse , quel endroit à ma fureur te cache ?
Ton crime seroit beau s'il n'étoit un peu lâche ;
Et l'on t'attribueroit l'honneur de mon trépas !
Mais tu portes le coup et tu ne parois pas.
O tourment sans pareil! ô désespoir! ô rage!
O mal plus fort qu'Alcide , et plus que $ôn courage !
Peuples que j'ai servis, rois que j'ai protégés.
Enfers que j'ai vaincus, dieux que j'ai soulagés,
Pouvez-vous aujourd'hui d'un œil assez humide
Voir en ce triste corps ce qui reste d'Alcide,
Et de ce qu'il étoit faire comparaison?
D'oïl me naît cette peste ? et quel est ce poison ?
Cerbère l'a versé : jadis ce monstre esclave
Fit écumer ici sa venimeuse bave ;
Ou c'est du sang mortel qui de l'Hydre jaillit,