ACTE III, SCENE IV
Elles n'ont plus d'appui , de roi , de protecteur, Et de cet accident mon bras seul est auteur.
(EUe devient faneuse. )
Ah! je découvre enfin Tappareil de ma perte;
D'affreuses légions la campagne est couverte ;
Le juste bras du ciel sur ma tête descend ;
Les enfers vont s'ouvrir, et la terre se fend ;
Déjà Mégère sort, et ses noires couleuvres
Vont ajouter ma perte à leurs tragiques oeuvres.
Que faut-il? Ce héros ne veut-il que mon sang?
Il est prêt à sortir; piquez, percez ce flanc.
Mais quel dieu , quel démon , ou quel bras redoutable ,
Lance contre mon chef ce roc épouvantable ?
A ce coup, à ce coup, je vais perdre le jour!
Pardon : mon crime , ô ciel! n'est qu'un crime d'amour.
Mais que dis-je? ma mort est encore incertaine.
Et je veux différer une si juste peine !
Non, non, ces ennemis ont un courroux trop lent;
Je saurai bien mourir d'un coup plus violent;
La main qui tue Hercule est assez généreuse
Pour ne rebrousser pas contre une malheureuse.
Allons, de mille coups sur ce coupable corps,
Réparer une mort pire que mille morts.
LUSCINDE
Dieux! comme furieuse et comme abandonnée Elle cherche où finir sa triste destinée ! O ciel! ô justes dieux! détournez son trépas : Mais elle est déjà loin : courons , suivons ses pas.
FIN DU TaOISliME ACTE. . .'