ACTE V, SCÈNE V. Ôi
Ce que dit un amant, ce que pense un jaloux, Et de quelle façon on sent naijtre ces flammes Qui troublent le repos et consument les âmes ?
LUCII>OR^
Ton esprit, Filidan, se mêle de deux arts Où la sagesse est rare et couA de grands hasards^ Je crains pour ta raison un peu de frénésie ; Mais c'est ton intérêt. Voyons ta poésie.
* ( Il ouvre le pa^âer et lit.)
j4 Diane.
« Je prends conseil de ma raison; Je cherche du contre-poison Au mal dont mon âme est atteinte; -\ J'évite l'éclat de vos yeux; Je ne sais prière si sainte JDont^ je n'aie cent fois importuné les dieux.
Je déteste votre rigueur, Je vous nomme injuste et sans cœur^ Ma propre colère m'étonne ; Mais j'en tire un foible secours ; Et quelque nom que je vous donne , Celui de malheureux me demeure toujours.
Je ne puis délivrer mes sens De la vive ardeur que je sens ; Mes yeux n'adorent que les vôtres.
Obéissant à mon courroux ^ Us ne trouveroient pas en d'autres Les célestes attraîjts qu'ils laisseroient en vouSé-
Mais enfin, après tant de feux, Qu'aurai-je pour fruit de mes vœux?