Tome II
5i6 LA PELERINE AMOUBEUSE,
LUCIDOR.
Mes. pleurs, et des régies .
Qui me sont importuns autant qu'ils sont secrets, £mi)loîront ton esprit ; la mort de cette belle . Qui rendoit à mes vœux une ardeur mutuelle, £t qui fut à Lyon la gloire des beautés, Exerce en ma mémoire éncor des cruautés ! Je t'ai dit nos amours ; son nom fut Angélique. Deviens en ma faveur un peu mélancolique ; ^ Honore sa mémoire, et t'en va de ce pas Exprimer en mon nom le deuil de son trépas; Figure ma tristesse avecque tant de charmes Qu'aux yeux des plus cruels elle arrache des larmes.
FlLIDAir.
J'y vais rêver une heure ; adieu : mais cependant Armez-vous de raison contre cet accident.
(nsort.) LTJCÎDOR seul.
Cessez, tristes petisers, tyrans de mes délices,
Ennemis de ma joie^ ayteurs de mes supplices;
Ne me figurez plus ses aimables attraits;
Sortez de ma mémoire, inutiles portraits:
'Angélique n'est plus; on ne voit plus de traces
Sur ce triste débris des beautés et dps grâces :
La mort change ce corps; son aveugle fureur
Fait du trône d'Amour le séjour de l'horreur;
Elle rend ce qui meurt incapable de gloire.
Et c'est perdre des vœux qu'adorer sa mémoire.
Oublier Angélique, ô frivole discours!
Que plutôt de mes ^s le ciel borne le cours^
Que le ciçeau fatal coupe ma triste trame,
Plutôt que, morte au monde, elle meure en mon àniel
ÂGTE T, SCÈNE VIL 617