‹ Œuvres [ed. by E.L.N. Viollet-le-Duc] (volume 3)Chapitre 359 sur 428 · ACTE V, SCÈNE VIII · texte numérisé non relu

ACTE V, SCÈNE VIII

Tel, heureux cavalier, recevez un remède Qu'il m'oblige d'offrir au mal (][ui vous possède.

LtrciDOR, la regardant attentii^ment.

Dieux! qu'est-ce que je vois?

ANGÉLIQUE

Le plaisir de changer A dégagé vos vœux d'un objet étranger.

Ce cœur est inconstant, et ce mal est le pire De ces vices honteux sous qui l'honneur soupire , Qui causent du désordre en un cœur abattu , Et dans un grand courage étouffent la vertu. Mais j'ai tant de secrets que cette maladie A pris un mauvais cours si je n'y remédie. Son premier appareil est de voir que les dieux Rompent tous les desseins d'un amant vicieux , Et que tant de malheurs qui suivent l'inconstance Joignent votre intérêt à votre repentance : La honte d'oublier l'objet qu'on a vanté , Le prix que vous devez à sa fidélité , L'affront d'avoir porté le titre de parjure, L'honneur de réparer une si lâche injure, Et la nécessité de divertir la mort J)e celle qui jadis gouverna votre sort. Tous ces puissans respects obtiendront de votre âme Un généreux effort contre une vaine flamme. Il faut quitter Célie , et que votre raison Revoie avec respect sa première prison.

LUGIDOR.

O dieux! il est trop vrai, la mort sur Angélique Redouta d'exercer son pouvoir tyrannique ;

Son bel œil voit le jour, O charmes innocens! O précieux attraits qui ravissez mes sens! Prouvez, castes vainqueurs, par la fin de ma vici' Combien cette rencontre a mon âme ravie. Vous vivez, ma déesse! ô dieux! en ce transport Avoûrai-je mes yeux d'un fidèle rapport?

O divipe aventure!

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